Sous la pression de l’opposition LFI et EELV, le maire de Metz, François Grosdidier, a admis que la blouse scolaire n’allait pas être reconduite à la rentrée.
L’uniforme scolaire ne sera pas reconduit dans les six écoles tests de Metz à la rentrée 2026. Interpellé par une lettre ouverte de l’Union de la gauche et des écologistes (LFI, EELV), le maire de Metz, François Grosdidier, a admis ce mardi 18 août que l’expérimentation allait s’arrêter, car «l’Éducation nationale a indiqué qu’elle ne la poursuivrait pas».
François Grosdidier précise : «La Ville avait accepté d’accompagner l’expérimentation, qui s’inscrivait dans un projet pédagogique porté par l’Éducation nationale. Ce dispositif était financé à hauteur de 50 % par l’État. La Ville a toujours indiqué qu’elle l’accompagnerait tout le temps que l’État la conduirait, mais que si l’État l’arrêtait, l’expérimentation s’arrêterait de fait».
Six écoles avaient été sélectionnées à la rentrée 2024 pour expérimenter le port de la blouse en classe seulement (pas dans la cour). La blouse en question était en fait une surchemise moderne, siglée Ville de Metz avec le Graoully, de couleur bleu et jaune (référence à l’équipe messine de hand) ou grenat (référence à l’équipe de foot) selon la classe d’âge visée. La Ville, saisissant une perche tendue par le gouvernement Attal, voulait tester un dispositif de cohésion sociale et de sentiment d’appartenance à l’école publique.
«Les effets sont factuellement nuls»
Le dispositif avait coûté 31 800 euros à la Ville, qui avait misé sur un prestataire local. La généralisation d’une telle mesure aurait coûté «330 000 euros», un budget «loin d’être anecdotique», souligne la gauche, opposée à la mesure depuis le début. Une étude rendue publique par l’Éducation en juin venait confirmer les intuitions de l’opposition messine : un seul paramètre sur les quinze testés «montre une évolution positive», celui du «sentiment d’appartenance».
Pour le reste (acquis des élèves, confiance en soi, harcèlement, etc. ), «les effets sont factuellement nuls», avait résumé Charlotte Leduc. Dans sa lettre, la gauche va plus loin, décelant des «implications tant idéologiques que pratiques». Elle rappelle que l’uniforme était «un changement scolaire important régi par un règlement strict, avec de nombreuses obligations pour le corps enseignant, les familles et les enfants». Un règlement pas si strict à notre connaissance puisque les enfants pouvaient ajouter des broches (note de musique, etc.) de leur choix.
François Grosdidier estime que l’opposition monte en épingle le dossier et s’en tient à la notion d’expérimentation. «Le bilan ne relève aucun élément négatif, mais seulement des éléments positifs, même s’ils ne sont pas à la hauteur de ce qui était attendu.»