Principale cible des attaques de Téhéran, les Emirats arabes unis ont mis temporairement un terme aux négociations avec l’Iran après le tir de deux nouveaux missiles.
Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi suspendre tous les échanges commerciaux et financiers avec l’Iran, qu’ils ont accusé d’avoir ciblé des navires avec deux missiles balistiques. «Tous les échanges commerciaux, transactions financières et opérations de commerce avec l’Iran ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre», a annoncé une porte-parole du ministère des Affaires, Afra Al Hameli.
Selon le ministère de la Défense, les deux missiles visaient des navires et sont tombés en mer, dans ce qui constitue la première attaque détectée contre le pays depuis plusieurs mois. La diplomatie iranienne, par la voix de son porte-parole Esmaïl Baghaï, a «catégoriquement rejeté» les accusations émiraties. Toutefois, pour le ministère émirati de la Défense sur X, «les analyses effectuées ont montré que les deux missiles balistiques détectés provenaient d’Iran.»
Alerte à la population
Plus tôt dans la journée, le ministère de l’Intérieur émirati avait émis une alerte par téléphone appelant la population à se mettre à l’abri face à des «menaces de missiles.»
Le ministère de la Défense avait dans un premier temps affirmé que les missiles avaient ciblé le territoire, avant de préciser qu’ils «visaient la navigation maritime.» Cette source a indiqué que «le premier (missile) est tombé hors des eaux territoriales, tandis que le second est tombé dans les eaux territoriales.»
L’alerte à la population a été la première depuis juillet, quand un message d’avertissement avait été envoyé pour une attaque qui n’avait finalement pas atteint le territoire. Une autre fausse alerte avait également été déclenchée en juin. Le porte-parole iranien, Esmaïl Baghaï, a jugé que les accusation émiraties étaient «préjudiciables» à la confiance régionale et aux efforts en faveur de la sécurité.
Les Emirats constituent un important pivot financier et commercial dans le Golfe. Le pays, qui abrite une importante communauté iranienne, figurait avant le début de la guerre parmi les principaux partenaires de l’Iran dans ces domaines. Mais durant la première phase de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran, Téhéran a lancé près de 3 000 attaques sur les Emirats, faisant de ce pays sa principale cible de représailles.
Mardi, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assuré que le détroit d’Ormuz, crucial pour le transport maritime émirati, resterait fermé tant que Washington n’aurait pas rempli ses engagements inscrits dans le protocole d’accord de juin, qui a explosé en juillet. Des pétroliers de la compagnie publique émiratie Adnoc ont été ciblés à plusieurs reprises ces dernières semaines.