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Meloni visée par la colère de Trump


Les critiques virulentes de Donald Trump contre le discours anti-guerre du pape Léon XIV ont déclenché une controverse avec Giorgia Meloni. (Photo : afp)

En prenant ses distances avec Israël et les États-Unis, la Première ministre italienne a opéré un tournant dans sa politique étrangère qui lui a valu mardi les foudres du président américain.

La Première ministre d’extrême droite, qui était la seule dirigeante européenne à avoir assisté à l’investiture de Trump en 2025, s’était efforcée jusqu’ici de se positionner comme un trait d’union entre l’Europe et l’administration américaine.

Alors que les relations avec Israël étaient déjà tendues en raison de la guerre à Gaza, les rapports avec Washington se sont singulièrement détériorés depuis que les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.

L’Italie, très dépendante des importations d’hydrocarbures, a été impactée économiquement, refusant de s’impliquer dans la guerre à l’instar de ses voisins européens.

Les critiques virulentes de Donald Trump dimanche contre le discours antiguerre du pape Léon XIV ont déclenché la controverse. Giorgia Meloni n’a pas hésité lundi à juger les paroles du dirigeant américain «inacceptables».

Mardi, elle est revenue sur les relations avec Israël et les États-Unis, affirmant que les alliés devaient être francs entre eux. «Lorsque nous ne sommes pas d’accord, et il arrive souvent de ne pas être d’accord, nous devons le dire» et «agir en conséquence», a-t-elle dit aux journalistes. «Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a par exemple décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël», a-t-elle ajouté.

Israël a rétorqué que la suspension de cet accord, qui porte sur l’échange de matériel militaire et la recherche technologique, «n’aura(it) aucune incidence sur la sécurité d’Israël».

Les tensions s’étaient déjà intensifiées la semaine dernière après que Rome a accusé les forces israéliennes d’avoir tiré des coups de semonce sur un convoi de casques bleus italiens au Liban. Lundi, Israël a de son côté convoqué l’ambassadeur d’Italie après les déclarations du ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, condamnant les «attaques inacceptables» menées par les forces israéliennes contre des civils libanais.

Giorgia Meloni se trouve dans une position délicate sur la scène nationale après avoir perdu le référendum sur la réforme de la justice le mois dernier. Une première défaite politique que les analystes attribuent en partie à sa proximité avec Trump.

La réaction de Donald Trump a été virulente : «Je suis choqué par son attitude. Je pensais qu’elle avait du courage, mais je me suis trompé», a-t-il réagi auprès du quotidien italien Il Corriere della Sera.

Faisant écho à ses critiques concernant son attaque contre le pape, Donald Trump a affirmé que c’était elle qui avait un comportement «inacceptable» car «elle n’est pas préoccupée que l’Iran dispose de l’arme nucléaire», menaçant de réduire «l’Italie en cendres en deux minutes s’il en avait l’occasion». «Elle pense que les États-Unis devraient faire le travail à sa place», a-t-il dit à propos du refus de Rome de s’impliquer dans la guerre au Moyen-Orient.

Antonio Tajani est monté au créneau pour la défendre : «Nous sommes et restons de fervents partisans de l’unité de l’Occident et de solides alliés des États-Unis, mais cette unité se construit avec une loyauté, un respect et une franchise réciproques», a-t-il écrit sur X . «Et sur le pape Léon XIV, elle a dit exactement ce que nous, citoyens italiens, pensons tous».

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