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Malte : victoire du Parti travailliste, en route pour un quatrième mandat historique


Selon la Commission électorale maltaise, le Parti travailliste a remporté 52 % des voix, contre 45 % à son rival du Parti nationaliste (conservateur). (Photo : afp)

Le parti du Premier ministre maltais Robert Abela est arrivé en tête aux élections législatives dimanche à Malte, offrant un historique quatrième mandat au gouvernement travailliste, qui avait convoqué ce scrutin anticipé sur fond d’incertitudes géopolitiques.

Des feux d’artifice ont été tirés à travers cette île méditerranéenne et des partisans en liesse des travaillistes (gauche), vêtus de rouge, la couleur du parti, scandaient «quatre fois !» après que les responsables du centre de dépouillement de Naxxar eurent annoncé que les résultats préliminaires donnaient gagnante la formation au pouvoir.

Selon la Commission électorale maltaise, le Parti travailliste a remporté 52 % des voix, contre 45 % à son rival du Parti nationaliste (conservateur).

«Aujourd’hui, nous avons écrit une page d’histoire, ensemble», a déclaré Robert Abela à la foule, s’exprimant du balcon du bâtiment qui abrite le siège de son parti, tandis que ses supporters reprenaient en chœur «Robert est notre leader, Alléluia !».

Ils ont «marqué l’histoire»

Le Premier ministre travailliste, âgé de 48 ans, avait convoqué ces élections avec un an d’avance, affirmant que le gouvernement avait besoin d’un nouveau mandat pour protéger Malte, un État fortement dépendant des importations, face à la crise au Moyen-Orient. Bien que l’économie maltaise ait progressé de 4 % l’an dernier, certains craignent que le conflit n’ait un impact sur le tourisme en raison de l’envolée des coûts du carburant pour le transport aérien et n’alimente l’inflation.

Robert Abela a axé sa campagne sur le bilan économique de son parti depuis 2013, promettant la stabilité dans une période d’incertitude. «Je vote pour les travaillistes depuis que je suis toute petite, je suis ravie qu’ils aient marqué l’histoire», a dit à l’AFP Margaret Camilleri, 73 ans, tandis que des partisans du parti défilaient sur un camion d’où retentissait à plein volume la chanson de Queen We Are the Champions.

Le principal rival du chef du gouvernement était le candidat du Parti nationaliste, Alex Borg, un avocat de 30 ans et ex-lauréat du concours de beauté «Mr World Malta», qui a exhorté les Maltais à voter pour le changement. Il a reconnu sa défaite dimanche, soulignant dans un message diffusé sur les réseaux sociaux qu’il avait «appelé personnellement Robert Abela pour le féliciter».

Ce dernier dirige Malte depuis 2020, l’année où son prédécesseur a démissionné à la suite d’une crise politique provoquée par l’assassinat en 2017 de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui avait mis au jour la corruption au plus haut niveau de l’État. Selon un rapport du Conseil de l’Europe de 2025, Malte reste très en retard dans la lutte contre la corruption – un sujet qui n’a pourtant pas été au cœur de la campagne.

Une économie florissante

Les performances économiques de Malte ont éclipsé les autres préoccupations. Situé au large de la Sicile, ce pays est le plus petit et le plus densément peuplé de l’Union européenne, avec environ 550 000 habitants sur 316 kilomètres carrés. Malte dispose d’une économie florissante, fondée en grande partie sur le tourisme, les jeux en ligne et les services financiers, et affiche l’un des taux de chômage les plus bas de l’UE.

Mais malgré un faible taux de natalité, la population a augmenté de près de 30 % en une décennie, principalement en raison de l’arrivée d’étrangers. Cela a alimenté un boom de la construction, hérissant l’horizon de grues, créant des embouteillages et mettant sous pression les services essentiels. Les associations de défense du patrimoine dénoncent la dégradation de l’environnement et les risques pour les sites classés au patrimoine mondial par l’Unesco dans cette ancienne colonie britannique.

Malte dispose de très peu de ressources naturelles et importe une grande partie de son énergie, ce qui la rend vulnérable aux chocs externes. Le Parti travailliste subventionne massivement l’énergie et a promis de continuer à le faire. Ce pays se trouve également en première ligne du changement climatique et est menacé de désertification et de sécheresse, ce dont aucun des deux grands partis n’a toutefois fait une priorité.

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