Les États-Unis et l’Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d’attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.
Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d’accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même. Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l’armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes «défensives» sur le sud de l’Iran, la troisième en un peu plus d’une semaine.
Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et sur l’île de Qeshm dans le détroit d’Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X. Ces opérations ont été menées «en réponse à des actions agressives de l’Iran, dont la destruction d’un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales», a ajouté la même source.
Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine pour des frappes contre leur territoire. La localisation de cette base n’a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d’État. L’armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.
Washington et Téhéran s’étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l’Iran suivies d’une attaque contre le Koweït.
Mettre fin au programme nucléaire iranien
La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole. Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d’un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d’un possible protocole d’accord à Téhéran.
Selon le site américain Axios, Donald Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, souhaite plus de fermeté de la part des négociateurs de Washington. La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d’Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.
«Nous n’approuverons aucun accord tant que nous n’aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis», a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
L’Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l’arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des États-Unis et de nombreux pays. Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d’accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.
Une réunion d’urgence organisée lundi
Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d’accord «stipule très clairement que l’Iran n’aura pas d’arme nucléaire», et ce, «en des termes très fermes». Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut «éliminer» le Hezbollah pro-iranien.
Mais sur ce front, l’armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays, où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques, notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée. L’armée israélienne s’est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l’occupation israélienne, achevée en 2000.
Pour les États-Unis, c’est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël «s’abstiendrait de toute escalade à Beyrouth», selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d’entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
La France a demandé une réunion d’urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques.