Les syndicats belges appellent à une nouvelle mobilisation mardi contre les réformes socio-économiques du Premier ministre conservateur Bart De Wever, une grève nationale doublée d’une manifestation à Bruxelles, où sont attendues des dizaines de milliers de personnes.
Le Parlement a voté l’an dernier la limitation à deux ans des allocations chômage et doit valider prochainement une réforme des retraites accusée de pénaliser les carrières hachées et particulièrement les femmes.
Dans le viseur de l’intersyndicale figure aussi une limitation de l’indexation des salaires et allocations sociales sur l’inflation, une mesure budgétaire jugée de nature à grever encore le pouvoir d’achat, sur fond d’envolée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
Ces «sauts d’index» – l’expression retenue pour ces plafonnements ou reports d’indexation – devraient être largement conspués dans les rangs de la manifestation prévue dans la matinée à Bruxelles.
Le syndicat socialiste FGTB, un des fers de lance de la mobilisation, appelle fonctionnaires et salariés du privé à «dire non à la casse sociale».
«Bart De Wever fait toujours payer la note à nos travailleurs», a renchéri la branche métallurgie-textile du syndicat chrétien CSC. «Il est grand temps que les +épaules les plus larges+ commencent elles aussi à mettre la main à la pâte.»
Les trois grands syndicats – chrétien, socialiste et libéral – espèrent une mobilisation encore plus forte qu’à la mi-octobre et à la mi-mars, quand ils avaient revendiqué, à deux reprises, plus de 100 000 manifestants dans les rues de la capitale (80 000 selon la police).
David Clarinval, ministre belge de l’Emploi et de l’Economie, a rappelé que la Belgique devait diminuer ses dépenses publiques afin d’assurer la pérennité de la sécurité sociale.
«L’attitude des syndicats est contreproductive et jusqu’à présent le gouvernement n’en a d’ailleurs pas tenu compte», a ajouté ce libéral francophone.
En avril, deux grandes agences de notation, successivement Moody’s puis Standard and Poor’s, avaient abaissé la notation de la dette souveraine belge, pointant du doigt une réponse trop lente aux défis budgétaires.