Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a annoncé jeudi que son pays présenterait sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne d’ici 2028, une volonté qui suscite des frictions entre ce pays du Caucase et la Russie.
Les relations entre Moscou et Erevan se sont nettement détériorées depuis la défaite militaire de l’Arménie face à l’Azerbaïdjan en 2020, puis la reprise de l’enclave disputée du Karabakh par Bakou en 2023.
Accusant son allié russe de ne pas l’avoir suffisamment protégée, l’Arménie, une ancienne république soviétique, se tourne depuis vers les Occidentaux.
«Nous avons entamé un processus visant à créer une alternative afin que notre peuple ait la possibilité de choisir», a déclaré Nikol Pachinian lors d’une conférence de presse.
«Ce processus nous conduira finalement, en 2027 ou 2028, à déposer officiellement une candidature pour entamer les démarches d’adhésion à l’UE en tant que membre à part entière», a-t-il ajouté.
Il a cependant précisé que l’Arménie n’avait pas l’intention dans l’immédiat de se retirer de l’Union économique eurasiatique (UEE), un bloc commercial regroupant plusieurs alliés de la Russie.
Moscou a répété à plusieurs reprises que l’adhésion à l’UE, tout en restant à l’UEE, ne serait pas possible, et plaide pour que l’Arménie organise un référendum sur la volonté du gouvernement de se tourner vers l’Occident.
Nikol Pachinian a aussi affirmé que son pays s’était «désintéressé» de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire menée par la Russie, au sein de laquelle Erevan a gelé sa participation.
Moscou a imposé cette année des restrictions commerciales aux exportations agricoles arméniennes et menacé de revenir sur les réductions sur le prix de l’énergie russe accordées à Erevan.
La Russie est le principal partenaire commercial de l’Arménie et un marché clé pour ses exportations. De nombreux Arméniens vivent et travaillent en Russie et Erevan est dépendant de Moscou pour ses fournitures d’armements et d’énergie.