EUROPE Donald Trump donne jusqu’au 4 juillet pour appliquer l’accord commercial passé avec les États-Unis. Passé ce délai, l’UE s’expose à d’importantes surtaxes.
Le président américain a annoncé cet ultimatum après un coup de téléphone avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Passé ce délai, les droits de douane imposés par Washington à l’UE «bondiraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés», a averti Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Le Parlement européen a approuvé fin mars, sous conditions, l’accord commercial entre les États-Unis et l’UE conclu l’été dernier à Turnberry, en Écosse. Mais les procédures internes du bloc prévoient des négociations avec les États membres avant qu’il soit formellement appliqué.
Dans l’accord de Turnberry, l’UE s’est engagée à supprimer les droits de douane appliqués sur la plupart des importations américaines, en échange d’un plafonnement à 15 % des droits de douane imposés par Trump sur les produits européens.
«J’ai attendu patiemment que l’UE remplisse sa part de l’Accord Commercial Historique auquel nous sommes parvenus (…), le plus grand accord commercial jamais conclu», a écrit le président des États-Unis.
«L’UE a promis de remplir sa part du contrat et (…) de réduire ses droits de douane à ZERO», a-t-il ajouté. «J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays, sinon, malheureusement, les droits de douane (pratiqués aux États-Unis) bondiraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés.»
Il a qualifié son appel avec Ursula von der Leyen de «très bon».
Les États-Unis célébreront le 4 juillet le 250e anniversaire de leur déclaration d’indépendance de la Grande-Bretagne, considérée comme la date de naissance du pays.
Vendredi dernier, Donald Trump avait menacé l’UE d’imposer de nouvelles surtaxes douanières sur les automobiles et les camions exportés vers les États-Unis.
En réponse, Bruxelles avait assuré que l’UE respectait sa part de l’accord, et que Washington avait été tenu informé «tout au long des procédures» visant à l’entériner sur le plan législatif.
«Nous avons fait de bons progrès»
Les discussions entre les Vingt-Sept et le Parlement européen en vue d’entériner l’accord commercial avec les États-Unis ont progressé, mais sans aboutir à ce stade, a-t-on appris à Bruxelles dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le gouvernement chypriote, qui exerce la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, a fait état de «progrès sur un certain nombre d’éléments», et a indiqué vouloir poursuivre cette «dynamique positive» lors d’une nouvelle séance de négociations avec les eurodéputés prévue le 19 mai.
«Nous sommes pleinement engagés à poursuivre notre dialogue constructif avec le Parlement européen afin de conclure au plus vite les travaux législatifs», a assuré Michael Damianos, ministre de l’Énergie, du Commerce et de l’Industrie de Chypre. «Nous avons fait de bons progrès, mais il reste du travail à accomplir», a confirmé l’élu allemand Bernd Lange (S&D, gauche), qui pilote ce dossier au sein du Parlement.
Les procédures internes de l’UE prévoient des négociations avec les États membres avant que cet accord soit formellement appliqué.
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, avait indiqué mercredi, en marge du G7 Commerce à Paris, être parvenu la veille avec le représentant américain au Commerce «à la conclusion qu’il est essentiel de respecter l’accord» sur les droits de douane entre États-Unis et UE «des deux côtés».
«Nous devons donc tenir les engagements pris en Écosse, à savoir abaisser les droits de douane sur les exportations américaines vers l’UE, et il est également très important que les États‑Unis soient à la hauteur des attentes et respectent eux aussi ce qui a été convenu : des droits de douane de 15 % « all inclusive »», a dit le commissaire européen.
Il a rappelé à Jamieson Greer «les processus démocratiques de l’UE», qui impliquent des consultations des différentes instances et États membres.