Les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler pour l’agriculture. Après des années de tensions, le secteur avait pourtant renoué un dialogue plus constructif avec la nouvelle ministre, Martine Hansen. Des solutions pragmatiques ont été recherchées, sans toutefois toujours être trouvées. Cela n’a pas empêché le lancement concerté de nouvelles initiatives. Les deux plus récentes témoignent néanmoins des difficultés persistantes : la mise en place d’un premier plan d’action visant à favoriser le renouvellement générationnel et, surtout, le lancement d’une plateforme d’écoute destinée aux agriculteurs en détresse.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, avec un lourd impact sur le coût des engrais et du pétrole, constitue un choc. Il vient s’ajouter aux problèmes liés au changement climatique et bien plus encore à une baisse continue des prix de vente. «Le prix du lait est en chute et celui de la viande commence aussi à descendre (…) Tout ceci fait qu’il n’est malheureusement pas intéressant de produire. Les coûts ne font que monter tandis que les prix descendent ou restent bas. Si on fait le calcul, on obtient des chiffres négatifs», développait Christian Hahn, le président de la Chambre d’agriculture, à la mi-avril dans nos colonnes.
Depuis lors, la situation s’est encore dégradée, au point de valoir à l’agriculture une place à l’ordre du jour de la tripartite. En parallèle, la Commission européenne va débloquer dans un premier temps 200 millions d’euros pour venir en aide au secteur. Rappelons que le prochain budget pluriannuel européen prévoit une enveloppe pour l’agriculture en baisse de 387 à 300 milliards d’euros. Un strict minimum, tient à rassurer le commissaire luxembourgeois, Christophe Hansen.
À tout cela s’ajoute désormais l’annonce d’Ekabe de cesser de s’approvisionner en lait luxembourgeois à partir de 2027. Quelque 70 producteurs locaux lui fournissent chaque année 56 millions de litres de lait (lire en page 6). L’existence de nombreuses exploitations est menacée. La politique se doit de réagir. Réduire les dépendances ne pourra que consolider l’agriculture nationale. Une nécessité dans un monde agricole qui peine de plus en plus à contribuer à la sécurité de l’approvisionnement alimentaire.