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Après les incendies en France, 500 millions d’euros de dommages et une grève des pompiers


La colère de l'intersyndicale des pompiers porte sur l'impréparation de l'Etat français face aux feux de l'été. (Photo : afp)

Les mégafeux de l’été ont occasionné au moins 25 000 sinistres pour une facture proche des 500 millions d’euros. Face aux dégâts historiques, l’intersyndicale des pompiers réclame des moyens et menace de faire grève dès le 8 septembre.

Les incendies dévastateurs qui ont ravagé la Gironde, les Landes et le Var cet été ont occasionné 25 000 sinistres pour un coût estimé à près de 500 millions d’euros, a indiqué vendredi France Assureurs. Ce premier bilan, basé sur les dossiers recensés jusqu’à la mi-août, témoigne de «l’ampleur exceptionnelle des dommages», a souligné la présidente de la fédération qui regroupe quasiment tous les assureurs de France, Florence Lustman.

Il est susceptible d’être revu à la hausse, les sinistrés ayant exceptionnellement jusqu’au 31 août pour déclarer leurs dégâts. La grande majorité des dossiers concerne les biens des particuliers, avec environ 21 000 sinistres recensés. Ce chiffre inclut la prise en charge des frais de relogement pour une partie des 30 000 personnes qui avaient reçu l’ordre des autorités d’évacuer leur domicile.

Du côté des professionnels (artisans, commerçants, entreprises, agriculteurs) et des collectivités territoriales, près de 3 000 déclarations ont été enregistrées. Parmi eux, plus de 1 800 dossiers ont été ouverts au titre des «pertes d’exploitation», c’est-à-dire la perte de chiffre d’affaires et de revenus provoquée par l’arrêt forcé de l’activité économique.

Un été record et dévastateur

Évaluées à près de 30 millions d’euros, ces pertes d’exploitation sont survenues dans la très grande majorité des cas sans que les entreprises ne subissent de dégâts matériels directs, précise la fédération. Le bilan de ces incendies dépasse largement celui des feux de forêts de l’été 2022 en France. Entre début juin et fin septembre, ceux-ci avaient donné lieu à environ 2 000 déclarations pour un coût de 80 millions d’euros.

Pour la quasi-totalité des sinistres touchant des habitations ou des entreprises et nécessitant une expertise, une visite a déjà été effectuée ou doit l’être dans les prochains jours, assure la fédération. Ce bilan financier s’inscrit dans un été 2026 marqué par des canicules à répétition et une sécheresse historique, au cours duquel près de 100 000 hectares de forêts sont partis en fumée en France, un record en vingt ans de mesures satellitaires.

Le sinistre le plus vaste a frappé la Gironde, où un mégafeu a dévoré 42 000 hectares à la mi-juillet, du jamais vu depuis 1949, en ne faisant aucun mort. Dans le village du Porge, de loin le plus touché, 180 habitations ont été détruites. En déplacement dans la région mi-août, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait affirmé vouloir «sortir l’artillerie lourde», annonçant 12 millions d’euros d’aides immédiates, un dégrèvement fiscal pour les entreprises touchées et une accélération de la délivrance des permis de construire pour les habitations à reconstruire.

Colère et préavis de grève

Pour la France, un autre défi à relever sera celui des sapeurs-pompiers. Après une rencontre jugée décevante mi-août avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, l’intersyndicale des pompiers a annoncé ce vendredi déposer un préavis de grève à partir du 8 septembre, date à laquelle le gouvernement doit lui présenter la mouture d’un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. «Ce qui s’est passé en Gironde et en France cet été était tout à fait prévisible et l’État était évidemment au courant», a martelé le représentant de la CGT-SDIS Peter Gurruchaga.

«Il va falloir que ceux qui se présentent à la présidentielle prennent leurs responsabilités», a renchéri Stéphane Lessire (Sud-SDIS), fustigeant des dirigeants qui «ont des bouchons d’oreilles». Une «mobilisation intensive» entre le 26 et le 29 septembre à Paris a également été annoncé au cours d’une conférence de presse en présence de Marine Tondelier, candidate des Écologistes à la présidentielle. Cette dernière s’est affichée vendredi aux côtés de l’intersyndicale des pompiers pour appeler conjointement à plus de moyens pour des pompiers, après un été d’incendies dévastateurs.

«Ma crainte, c’est qu’à la rentrée le syndrome de l’autruche reprenne. On doit revendiquer de maintenir cette actualité sur la table», a lancé la patronne des Écologistes. Comme durant l’été, elle s’est attaquée à «l’impréparation» du gouvernement, appelant par ailleurs à la tenue d’un débat entre candidats à la présidentielle dès la rentrée au sujet de «l’augmentation des risques liés au changement climatique» et se montrant en «soutien» des pompiers «qu’on laisse souvent bien seuls».

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