À Kehlen, le Syndicat intercommunal pour l’hygiène publique du canton de Capellen (SICA) a inauguré jeudi un centre de ressources. Le site, conçu pour environ 46 000 habitants, doit donner davantage de place au réemploi, à la réparation et à la sensibilisation, avant le recyclage.
Changer le statut d’un objet avant qu’il ne devienne un déchet. C’est l’ambition du centre de ressources du SICA, inauguré jeudi à Kehlen. Après plus de trente ans d’existence, le syndicat adapte ses infrastructures à la croissance démographique et aux nouvelles exigences légales.
Le SICA dessert aujourd’hui huit communes membres – Bertrange, Garnich, Kehlen, Koerich, Kopstal, Mamer, Habscht et Steinfort –, soit environ 46 000 habitants. La population augmente d’environ 1 000 personnes par an. «L’idée était de faire du centre de recyclage un centre de ressources», explique Luc Feller, le président du SICA.
La différence tient à la logique du site. «Le centre de recyclage fait partie d’un système de gestion des déchets», tandis que le centre de ressources «fait partie d’un système de valorisation des produits». L’objectif, poursuit Luc Feller, est d’«éviter que le produit devienne un déchet», en prolongeant son cycle de vie.
Une seconde vie pour 120 tonnes
Au cœur du dispositif, la Recyclage-Buttek, boutique de seconde main de plus de 160 m², permet de déposer des objets encore en bon état et à d’autres habitants de les récupérer gratuitement.
La fréquentation donne une idée de l’activité. En 2025, plus de 36 000 personnes ont fréquenté la boutique et près de 120 tonnes d’objets y ont trouvé une seconde vie, soit environ 2,65 kg par habitant. Le site accueille plus de 150 000 visiteurs par an.

Sur 160 m², la boutique de seconde main permet aux habitants de déposer leurs objets et d’en récupérer d’autres gratuitement.
Le nouveau site réserve également plus de 100 m² à un futur «Repairatelier». Le principe est de réparer des objets défectueux, mais aussi d’apprendre aux habitants à réparer eux-mêmes les biens du quotidien. L’ouverture de ce dispositif est prévue dans le cadre de la deuxième phase des travaux. «Il faut apprendre à utiliser les produits le plus longtemps possible», souligne Luc Feller.
Le SICA veut aussi renforcer le travail de sensibilisation qu’il mène auprès de la population et des écoles depuis 1993. Une salle spécialement aménagée doit permettre d’accueillir des classes et de travailler avec les élèves sur les enjeux liés aux déchets et au recyclage.
Des volumes en baisse
Le centre de ressources s’inscrit dans une histoire de longue date. Créé en 1958 pour assurer la collecte des déchets ménagers, le SICA avait ouvert en 1994 le premier centre de recyclage du Luxembourg. À l’époque, ses infrastructures étaient conçues pour une population de 15 000 à 20 000 habitants. Le site a ensuite été agrandi à deux reprises, en 1998 puis en 2006.
La croissance démographique a finalement conduit le syndicat à engager, à partir de 2012, une réflexion sur la modernisation de ses infrastructures. Un nouveau service de collecte et des halls pour les véhicules ont d’abord été construits à proximité. Le transfert de ces activités a ensuite libéré l’espace nécessaire à la transformation du centre de recyclage en centre de ressources.
En 1993, avec 18 000 habitants, le SICA comptabilisait 6 500 tonnes de déchets résiduels. Six ans plus tard, après l’introduction du principe pollueur-payeur, il comptait 28 000 habitants, mais un peu plus de 4 000 tonnes de déchets résiduels. «On avait 50 % d’habitants en plus, mais 50 % de déchets en moins», relève Luc Feller.
En 2025, le syndicat a collecté plus de 20 770 tonnes de déchets et de matériaux, soit 1,4 % de moins qu’en 2024 malgré la croissance démographique. Les déchets ménagers résiduels s’élevaient à 121,18 kg par habitant.
Le centre de ressources doit encore évoluer. Une deuxième phase prévoit notamment une aire de conditionnement pour optimiser le tri et le compactage des matières, une installation photovoltaïque en toiture et un parking pour les remorques. Les travaux se poursuivront pendant encore 16 mois, sans fermeture du site aux usagers.
«Comme nous l’avions déjà fait en 1994 avec notre centre de recyclage, nous souhaitons aujourd’hui à nouveau assumer un rôle de précurseur» dans la gestion des déchets et des ressources.