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Vignette belge : le 1er mai 2027 se précise, l’exemption frontalière reste à obtenir


(Photo : Didier Sylvestre)

La Wallonie a donné jeudi soir un nouveau feu vert à la vignette routière : elle est désormais attendue pour le 1er mai 2027.

La vignette routière belge, jusqu’ici actée, devient désormais réalité. Le gouvernement wallon a donné jeudi soir son feu vert au projet d’accord de coopération qui doit permettre de mettre en place, avec la Flandre et Bruxelles, une vignette numérique commune à partir du 1er mai 2027.

Le principe avait déjà été acté politiquement en juillet. Mais aucune date concrète de mise en application n’avait, jusqu’ici, était énoncée. Cette nouvelle étape engage donc désormais le dossier dans une vraie phase de concrétisation, à la fois juridique et technique.

Pour les routes régionales et autoroutes

Le système concernera les véhicules légers de moins de 3,5 tonnes, qu’ils soient immatriculés en Belgique ou à l’étranger. Il ne s’agira pas seulement des autoroutes : la vignette sera également nécessaire pour emprunter les principales routes relevant du réseau régional belge.

En revanche, les routes locales ne seront pas concernées. C’est un élément important pour les automobilistes qui pourraient être tentés d’éviter la vignette en empruntant le réseau secondaire : les routes communales ne seront pas soumises au dispositif, ce qui pourrait précisément renforcer les craintes d’un report de trafic sur certains axes locaux.

La vignette sera entièrement numérique et liée au numéro d’immatriculation. Il n’y aura donc aucun autocollant à apposer sur le pare-brise. Les contrôles doivent être effectués notamment au moyen de caméras de reconnaissance automatique des plaques, les fameuses caméras ANPR, ainsi que par des équipes mobiles.

L’objectif est de mettre en place une seule vignette valable dans les trois Régions. Par exemple, un automobiliste luxembourgeois et/ou frontalier qui entre en Belgique ne devra pas se demander s’il circule en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles : le même titre couvrira le réseau régional concerné dans tout le pays.

De 90 à 125 euros par an

Les tarifs annoncés depuis juillet devraient s’appliquer. Pour rappel, une vignette annuelle coûtera 90 euros pour un véhicule zéro émission, 100 euros pour un véhicule Euro 4 ou plus récent et 125 euros pour les véhicules Euro 0 à Euro 3.

Des formules de courte durée sont également prévues, ce qui intéressera particulièrement les automobilistes étrangers qui ne se rendent en Belgique qu’occasionnellement.

Pour 24 heures, les tarifs annoncés sont de 8,10 euros pour un véhicule zéro émission, 9 euros pour un véhicule Euro 4 ou plus récent et 11,25 euros pour les véhicules Euro 0 à Euro 3. Les autres formules portent sur dix jours, un mois ou deux mois.

Ces montants sont ceux annoncés par les trois Régions. Les modalités pratiques de commercialisation et de fonctionnement doivent encore être définitivement arrêtées.

Une étape importante

Le calendrier, lui, se précise un peu plus. Le 1er mai 2027 devient ainsi la date de référence pour l’entrée en vigueur dans les trois Régions.

La Flandre a déjà indiqué que la vignette pourrait être achetée à partir du 1er mars 2027. Côté wallon, les modalités pratiques de vente et d’assistance aux usagers font encore l’objet de travaux.

Le gouvernement wallon doit maintenant poursuivre le travail législatif et réglementaire nécessaire. Le projet doit également passer les différentes étapes de validation et de notification européennes.

Autrement dit : le feu vert donné jeudi ne signifie pas encore que toutes les pièces juridiques sont définitivement en place. Mais le dossier a bien franchi une étape importante.

Et pour le Luxembourg?

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement luxembourgeois tire la sonnette d’alarme et fait savoir aux autorités belges que la situation de la Grande Région ne peut pas être comparée à celle d’un automobiliste étranger qui traverse ponctuellement la Belgique.

En effet, plus de 50 000 travailleurs frontaliers résidant en Belgique viennent quotidiennement travailler au Luxembourg. À cela s’ajoutent les déplacements familiaux, commerciaux, scolaires, sportifs ou de loisirs entre les deux pays.

La ministre luxembourgeoise de la Mobilité, Yuriko Backes (DP) a confirmé en août que le gouvernement avait pris contact avec les autorités wallonnes pour demander des précisions sur les modalités de la vignette et pour faire valoir les particularités de la zone frontalière.

L’idée défendue au Luxembourg est simple : si la Belgique maintient une vignette à l’échelle nationale, une zone frontalière pourrait être exemptée, au moins pour certains déplacements de proximité.

Le député démocrate Marc Hansen, à l’origine d’une lettre adressée aux autorités belges avec plusieurs de ses collègues, avait avancé plusieurs possibilités : un périmètre de quelques kilomètres autour de la frontière, une exemption sur certains axes comme la N4 ou encore une exemption jusqu’à certaines sorties d’autoroute.

Mais rien de tel ne figure, pour l’instant, dans le dispositif présenté par les Régions belges.

Un problème juridique

Sans compter le fait que les règles européennes encadrant les péages et droits d’usage imposent que les systèmes ne discriminent pas les usagers en fonction de leur nationalité ou de leur lieu de résidence.

La Belgique ne peut donc pas simplement décider de ne pas faire payer les plaques luxembourgeoises tout en faisant payer celles qui viennent de France, d’Allemagne ou des Pays-Bas.

Une éventuelle solution frontalière devra donc être juridiquement construite de manière à respecter ces principes. En somme : la route est encore longue.

Quel gain financier?

Pour la Wallonie, l’enjeu est également financier. Le gouvernement wallon estime à environ 327 millions d’euros par an en vitesse de croisière les recettes qui pourraient revenir à la Région grâce au dispositif.

La région promet une neutralité fiscale globale pour ses automobilistes. L’introduction de la vignette doit être accompagnée d’une réforme de la fiscalité automobile afin d’éviter une hausse globale de la pression fiscale.

Mais cette neutralité reste, à ce stade, un engagement politique dont les modalités précises doivent encore être arrêtées.

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