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La grande évasion

Bien calés tout contre maman, papa ou un de nos grands-parents au chaud sous la couette, c’était notre rituel du soir : une histoire pour nous endormir. Parfois deux ou trois tirées d’un grand livre illustré à la couverture bleue. Plus tard, les premières BD, la comtesse de Ségur, la Bibliothèque rose, Les Trois Mousquetaires, Le Grand Meaulnes et les mythologies. Romans, biographies, histoire… Tout ce qui me tombait entre les mains dans la bibliothèque familiale y passait. À la maison, on se couchait avec un livre sur l’oreiller, pressés de poursuivre notre lecture le lendemain soir. Des mondes s’ouvraient à nous, des personnages se dessinaient dans nos esprits, des émotions et des sensations, des réflexions s’éveillaient grâce aux mots et à leur combinaison. Je ne peux imaginer une vie sans ces précieux livres et je remercie mes parents et mes grands-parents de m’avoir transmis cet amour et cette curiosité. Quel plaisir de découvrir un auteur, un style, une pensée nouvelle ou de se vider la tête en tournant les pages d’un bon policier dans un fauteuil douillet. Je n’ai jamais compris les gens qui ne lisent pas ou qui n’y trouvent aucun plaisir.
La lecture aide à appréhender le monde, l’autre, les différentes cultures, à comprendre le sens des mots et des langues, à forger des opinions et à être un peu moins bête. Lire, c’est apprendre un tas de choses sans s’en rendre compte. Souvent avant même de les avoir abordées en cours. Ceux qui n’ont jamais lu un livre ne savent pas ce qu’ils ratent et il est dommage de constater, résultats PISA à l’appui, que les jeunes ont des retards en lecture et en compréhension de textes. Surtout quand on se rend compte des raccourcis de pensée empruntés par certains qui tombent les yeux fermés dans les pièges des théories simplistes des populistes et des mouvements véhiculant la haine de l’autre. Innocents de tout ce qu’ils ne savent pas et convaincus de tout savoir. Et j’oubliais, lire rend humble face au savoir et au talent. Eisenhower a dit : «Ne rejoignez pas ceux qui brûlent les livres, n’ayez pas peur d’aller dans une bibliothèque et de lire tous les livres.» Car selon un anonyme, «une bibliothèque est un hôpital pour l’esprit».

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