Le parcours nocturne du festival d’art numérique Constellations a été dévoilé. Pour sa 10e édition, l’événement messin recentre les visites sur six lieux phares. Avant l’ouverture au grand public, jeudi 25 juin, zoom sur les œuvres.
La déambulation artistique de nuit s’étale dans un rayon d’un kilomètre autour de la cathédrale. Avec six lieux, le parcours est beaucoup plus concentré que les autres années. Mais à notre sens, il permet de mieux profiter de chaque œuvre, qui fonctionne par cycle sonore et lumineux de 15 minutes environ.
On a le sentiment d’ouvrir un livre, pas de feuilleter une revue. Une interrogation toutefois : y aura-t-il saturation des sites les soirs de foule ?
Nous conseillons la visite dans l’ordre suivant : cloître de l’Hôtel de Région (place Gabriel-Hocquard), déambulation au milieu des pissenlits géants Dandelion; Jardin Fabert, œuvre immersive Sentinels; Jardin d’Amour (pointe du Temple Neuf), œuvres de forêt de cristaux à manipuler Prismatica, sur le thème de la lumière; cour arrière du musée de la Cour d’or, œuvre du glacier numérique Echoes of Ice; église des Trinitaires, œuvre très verticale de jeux de miroirs et néons Frame Perspective et, enfin, mapping vidéo sur la cathédrale plus développé que les années précédentes (environ 30 minutes).
Zoom sur les œuvres
Le thème 2026 est «la donnée numérique et les paysages». Suffisamment large pour des propositions variées. Notre coup de cœur, parfaitement subjectif, va à l’œuvre Dandelion, de Nicolas Paolozzi. L’artiste a installé une dizaine de pissenlits géants, de plexiglas jaune et d’acier, dans le cloître déjà fleuri de l’Hôtel de Région.
«Le pissenlit est une plante mal aimée. On la voit tellement qu’on ne la voit plus, explique Nicolas Paolozzi. Je voulais que l’on se retrouve comme des insectes autour d’eux.»
La réalisation est une prouesse technique : «J’ai dû renforcer chaque pétale à l’aide de tiges métalliques, pour envisager toutes les conditions météo possibles sans perdre la transparence souhaitée.»
Nous sommes aussi séduits par l’utilisation de la verticalité de l’église des Trinitaires par l’artiste Olivier Ratsi et ses rectangles rouges Frame perspective. Nous avons également aimé la poésie d’un glacier qui semble suffoquer l’été (inspiré de celui de Bionnassay en Haute-Savoie) de Philipp Franck.
La forêt de cristaux de lumière (Temple Neuf) du collectif canadien Raw Design est le spot instagrammable du parcours, avec une vue incroyable sur l’édifice protestant, depuis la pointe du jardin.
Dans l’œuvre immersive Sentinels, de Benjamin Nesme et Marc Sicard, les spectateurs sont assis en arc de cercle, entourés de balises mécaniques qui montent et descendent, dans un effet hypnotique. La narration les emmène dans une ville engloutie. Il faut rester bien concentré pour ne pas sortir du voyage.
Hubert Gamelon
(Le Républicain lorrain)