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Régime solidaire

Malgré des ratés incontestables, l’Union européenne a toujours toutes les cartes en main pour sortir renforcée de la crise sanitaire. Le plan de relance commun, doté de 750 milliards d’euros, constitue le principal outil pour réussir cette mission. Après d’importants blocages, les 27 pays membres de l’UE se sont enfin accordés sur le principe que la Commission européenne puisse aller emprunter des fonds sur le marché des capitaux. Un projet semblable, longtemps porté par Jean-Claude Juncker, n’a jamais pu aboutir. Aujourd’hui, la mutualisation de la dette européenne est une réalité. Une avancée majeure signée 70 ans après la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

En visite vendredi au Luxembourg, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenu à vanter le mérite du Grand-Duché en tant que médiateur dans ce dossier sensible. En retour, le Premier ministre, Xavier Bettel, a loué la persévérance de la cheffe de l’exécutif européen. Le lourd impact de la pandémie sur les économies et donc les finances publiques a toutefois été l’élément décisif pour cette percée historique.

La solidarité européenne qui, ces dernières années, a tant de fois fait défaut semble rétablie. Cela n’évite pas que certains États continuent à sortir la calculette pour évaluer si Bruxelles leur rend bien la monnaie de leur pièce. Le gouvernement luxembourgeois refuse de jouer ce jeu. Vendredi, le Premier ministre a souligné que seule une Europe tirant sur la même corde permettra aux 27 de sortir renforcés de la crise sanitaire. Des pays plus réticents, tels que la Hongrie, mais aussi les Pays-Bas, devraient prendre exemple sur le Luxembourg. Avec 93 millions d’euros, c’est bien le plan grand-ducal pour la reprise et la résilience qui sera le moins richement nourri par la Commission européenne. «Il s’agit d’un indicateur pour notre bonne gestion de la crise. Je préfère ce scénario à celui où on serait trop fortement dépendant des fonds européens», défend Xavier Bettel.

Pour pérenniser le nouvel élan, le régime solidaire doit s’appliquer dans les deux sens du terme. La trop grande gourmandise de certains ne peut que nuire au projet européen dans son ensemble.

David Marques

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