Un mercredi chargé s’annonce pour le gouvernement. En matinée puis dans l’après-midi, le Premier ministre, Luc Frieden, entouré des ministres du Travail, Marc Spautz, et de l’Économie, Lex Delles, recevra tour à tour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, l’union patronale UEL et le syndicat de la fonction publique CGFP. Ces réunions bilatérales doivent permettre de poser les bases en vue de la tripartite nationale, qui débutera le 12 mai. L’exercice s’annonce périlleux. Mais interrogé hier par RTL et 100,7, Marc Spautz s’est dit optimiste quant à l’issue des discussions avec les partenaires sociaux.
Le second rendez-vous crucial de ce mercredi sera la réunion du comité quadripartite, réunissant gouvernement, syndicats, patronat et prestataires de santé. La ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, sera attendue au tournant. Le premier enjeu sera de sceller un accord sur la cure d’austérité dont a besoin l’assurance maladie. En octobre dernier, un paquet d’une trentaine de mesures avait été mis sur la table, avec un potentiel de réduction des coûts de 140 millions d’euros. Il y a péril en la demeure. Selon les chiffres datant de l’automne, le déficit de l’assurance maladie devrait passer à 209,3 millions d’euros en 2026 contre 118,6 millions d’euros pour 2025. Une actualisation des estimations sera publiée à l’occasion de cette quadripartite de printemps. L’État s’est déjà engagé à augmenter à 59 millions d’euros par an sa participation. Malgré tout, une hausse des cotisations risque de devenir réalité dès 2027.
Le rendez-vous, a priori technique, de la quadripartite aura aussi une portée politique. L’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) refuse de signer la nouvelle convention avec la Caisse nationale de santé (CNS), négociée après sa résiliation unilatérale en octobre dernier. La ministre Martine Deprez est accusée de ne pas vouloir libéraliser la médecine extrahospitalière. Les syndicats redoutent une privatisation et menacent de lancer une grève générale si la «frange la plus radicale des médecins libéraux» obtient gain de cause. À la gestion de la crise énergétique s’ajoute ainsi un second front, plaçant le gouvernement et les autres acteurs face à leurs responsabilités.