Avec Paradises, Ladytron signe un huitième album sous le signe de l'hédonisme. Retour sur le parcours d'un groupe electro-pop central et à part.
Le tronc de Ladytron
À la fin des années 1990, c'est à Liverpool que Daniel Hunt et Reuben Wu posent le noyau de Ladytron; ils seront bientôt rejoints par Helen Marnie, venue de Glasgow, et par Mira Aroyo, née en Bulgarie, arrivée en Angleterre à l'adolescence. Avant d'avoir un «son» reconnaissable, le quatuor est détectable sur la carte, Liverpool donc, comme port plus que comme capitale, l'Écosse, l'Est européen, les DJ sets, les synthés de seconde main, et la sensation qu'une chanson peut naître d'une machine défraîchie. Le nom Ladytron pris à Roxy Music annonce le programme dans les grandes lignes, à savoir une pop qui aime la sophistication ou l'artifice travaillé comme une forme de pensée. À l'aube des années 2000, c'est le retour des synthétiseurs «vintage» et de la new wave – un terreau idéal pour l'electro-pop de Ladytron.
604 (2001), le premier album autoproduit, en garde la trace, des lignes sèches jusqu'aux timbres maigres, et tout ce qu'un autre groupe aurait vécu comme limitation, Ladytron le change en style; le minimalisme sonne comme un futur façonné avec les rebuts d'un passé encore trop proche. Le contexte critique va vite ranger leur style, justement, dans la case «electroclash», ce qui colle aussi à l'époque, et Ladytron va passer vingt-cinq ans à montrer que l'étiquette ne suffit pas. Le moment new-yorkais compte, pourtant : en 2001, Aroyo et Wu sont invités à DJer au club Luxx, à Brooklyn, dans la scène où s'agrègent Peaches, ...
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