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La beauté ordinaire dans l’œil d’une photographe messine


La photographe, originaire de Metz, aspire à renvoyer une image sincère, «belle», de la société dans toute sa diversité. (Photo DR/Sabrina Karp)

La photographe messine Sabrina Karp propose l’exposition « Meteor », au Château des lumières de Lunéville. Un regard pur sur la beauté ordinaire.

Photo DR/Sabrina Karp

Photo DR/Sabrina Karp

On parle souvent d’une « belle photo », l’expression est courante. Que ce soit pour le cliché montré à la va-vite sur un smartphone, ou pour une œuvre plus travaillée. « Tes photos sont belles » sonne comme une récompense.

Pourquoi pas. Reste à s’entendre sur la définition du mot. Car les tendances dominantes étouffent les autres, la beauté des publicitaires s’est imposée sur tous les écrans. Même chez ceux qui n’ont pas les moyens de l’atteindre, ou plus simplement, qui ne la reconnaissent pas.

Face à cette vague, des photographe de rue comme Sabrina Karp, originaire de Metz, poursuivent leur mission appareil au poing : renvoyer une image sincère, «belle», de la société dans toute sa diversité. On évitera l’écueil du nager-à-contre-courant-à-tout-prix. Un coup d’œil dans le rétroviseur permet d’en mesurer le danger. Qu’est devenue la contre-culture des années 60 ? Une philosophie éparse, une mode presque.

Le dénuement comme richesse

Plus simplement, le regard prime chez Sabrina Karp, l’empathie, l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’artiste expose au Château des lumières de Lunéville, jusqu’au 13 novembre. Son travail demande un certain silence. Comment ne pas reconnaître la poésie des situations ordinaires proposées ? La beauté resplendit dans le visage fatigué de ce type accoudé au bar, dans le repli de ce chien-loup au pied de sa maîtresse, dans ce graffiti exécuté sans talent sur un terrain vague. La beauté est évidente dans la peau blanche de cette adolescente, dans le petit jour qui vient sur une campagne sans nom, dans la lumière crue d’une cage d’escalier la nuit.

Photo Dr/Sabrina Karp

Photo Dr/Sabrina Karp

Le dénuement apparaît comme une richesse. L’essentiel est là : un trait de douceur relie les individus abîmés par la vie. On peut alors dire sans risquer le complexe d’infériorité, ou de supériorité, ou d’un quelconque mécanisme issu des frustrations contemporaines, que « le monde est beau et hors de lui, point de salut » (A. Camus).

Hubert Gamelon

Du 6 octobre au 13 novembre 2016, à la galerie du CRI des Lumières
Horaires en semaine : 14h à 18h (fermé les mardis) / week-end : 10h-12h et 14h-18h
Entrée : 3 euros

Un aperçu du travail de Sabrina Karp est à découvrir sur sa page Facebook

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