Selon une enquête de la BEI, le Luxembourg est le seul pays de l’UE où la lutte contre le changement climatique devance l’indépendance énergétique parmi les principaux bénéfices attendus de la transition. Mais la hausse des prix de l’énergie continue de peser sur le quotidien des ménages.
La lutte contre le changement climatique reste une priorité pour les résidents du Luxembourg. Selon la huitième enquête sur le climat publiée ce jeudi par la Banque européenne d’investissement (BEI), 26 % des personnes interrogées placent le ralentissement des changements climatiques en tête des avantages attendus de la transition énergétique, devant la réduction de la dépendance aux importations de pétrole et de gaz (23 %).
Le Grand-Duché fait figure d’exception en Europe. Il est le seul pays de l’Union européenne où l’action climatique est passée devant l’autonomie énergétique depuis 2022. À l’échelle européenne, la tendance est inverse : la réduction de la dépendance énergétique arrive aujourd’hui en tête dans 16 États membres, tandis que les prix occupent la première place dans huit pays. Le Luxembourg figure parmi les trois seuls États, avec la Suède et Malte, où le climat arrive en tête.
Au total, 76 % des résidents estiment qu’il est urgent pour le pays de mener à bien sa transition énergétique, une proportion proche de la moyenne européenne (75 %).
Des habitudes qui évoluent
Cette préoccupation se traduit aussi dans les comportements. Au cours des douze derniers mois, 33 % des résidents ont remplacé des déplacements en voiture individuelle par le covoiturage, les transports en commun ou le vélo. C’est la proportion la plus élevée de l’Union européenne, où la moyenne s’établit à 22 %.
Les habitants du Luxembourg comptent également parmi les mieux équipés pour accompagner cette transition. Un tiers déclarent déjà utiliser une voiture électrique, contre 13 % à l’échelle européenne. Sept sur dix en possèdent une ou envisagent d’en acheter une dans les trois prochaines années.
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Le pays affiche également l’un des taux les plus élevés d’installation de panneaux solaires : 36 % des personnes interrogées en disposent déjà, tandis que 74 % en ont installé ou envisagent de le faire dans les trois prochaines années. Plus d’un tiers ont aussi acheté un vélo électrique et un quart disposent d’une pompe à chaleur.
Le pouvoir d’achat sous pression
Mais la transition énergétique se déroule dans un contexte économique difficile. Plus d’un résident sur deux affirme que la hausse des prix du gaz, des carburants, du fioul domestique ou de l’électricité a fortement réduit son pouvoir d’achat au cours des douze derniers mois. Pour 13 % des personnes interrogées, cette diminution a même été très importante.
Pour faire face à ces augmentations, 33 % ont baissé le chauffage de leur logement et 32 % ont réduit leurs dépenses quotidiennes consacrées à l’alimentation ou à la santé. Plus inquiétant, 23 % déclarent s’être endettés, avoir sollicité une aide financière ou avoir reporté le paiement d’une facture d’énergie. Cette proportion dépasse la moyenne européenne (16 %).
Les prix ont également modifié les habitudes de déplacement de 62 % des résidents. Près d’un tiers ont renoncé à un week-end, à des vacances ou à une visite à leurs proches, tandis que 28 % roulent désormais plus lentement pour économiser du carburant.

(Source : BEI)
Une transition à construire en Europe
Sur la manière de mener cette transition, 84 % des résidents souhaitent que la priorité soit accordée aux énergies bas carbone. Le solaire arrive en tête des sources privilégiées (52 %), devant l’éolien (35 %).
Les personnes interrogées sont également favorables au développement d’une industrie européenne des technologies propres, même si cela prend davantage de temps (56 %). Seuls 32 % préfèrent accélérer leur déploiement en recourant à des équipements importés.
Enfin, trois quarts des résidents souhaitent que le Luxembourg coopère plus étroitement avec les autres pays de l’Union européenne pour mener à bien la transition énergétique. Une majorité (57 %) se prononce aussi en faveur d’un financement des investissements par des ressources mises en commun entre États membres.

(Source : BEI)