Accueil | Culture | [Cinéma] Le festival de Fameck accueille pour la première fois le Soudan

[Cinéma] Le festival de Fameck accueille pour la première fois le Soudan


(Photo : madsolutions)

CINÉMA Le 37e festival du Film arabe de Fameck, du 1er au 11 octobre, vient de dévoiler son programme. Il mettra pour la première fois à l’honneur le cinéma du Soudan, marqué par la censure.

Une quarantaine de longs métrages, des invités de prestige (l’écrivain franco-marocain Rachid Benzine endosse le costume de parrain d’honneur, la réalisatrice syrienne Gaya Jiji celui de présidente du jury…), une ambiance chaleureuse dans les salles et engagée sur l’écran : le festival du Film arabe de Fameck démarrera sa 37e édition le 1er octobre. Le film d’ouverture, Goodbye Julia, de Mohamed Kordofani, avait été le premier film soudanais présenté au festival de Cannes en 2023. Un choix qui met en haut de l’affiche le pays invité, le Soudan.

Pays indépendant depuis 1956, ce pays d’Afrique de l’Est était un pilier culturel du continent, jusqu’au coup d’État d’Omar el-Bechir qui a déchiré le pays dès 1989 et l’a soumis pendant 30 ans à la dictature, à la guerre civile et au génocide. Depuis 2019, et malgré un contexte politique toujours violent, une nouvelle vague de cinéastes émerge au Soudan, qui utilisent le cinéma comme moyen de préserver la mémoire collective. C’est la première fois que le festival de Fameck met à l’honneur le pays, à travers dix films (quatre longs, six courts) ou encore une conférence sur l’histoire du cinéma soudanais.

Guerres, injustice, mémoire…

Le festival, au cours duquel seront organisés ciné-concerts, tables rondes et expositions, rendra également hommage au grand réalisateur égyptien Youssef Chahine (1926-2008) pour le centenaire de sa naissance. Y sera projeté Le Destin (1997), à la fois portrait du philosophe andalou du XIIe siècle Averroès et chronique de son combat contre le fanatisme et l’intégrisme, que le festival considère comme «l’apogée de l’œuvre» du cinéaste.

Dans la sélection officielle, films de fiction ou documentaires se confrontent notamment aux questions de la guerre, de l’injustice, de la mémoire ou du poids du patriarcat. On peut compter parmi les temps forts les avant-premières de L’Arabe, de Malek Bensmaïl, qui réinvente le roman L’Étranger d’Albert Camus du point de vue de son deuxième personnage; Cotton Queen, de Suzannah Mirghani, le premier long métrage réalisé par une femme soudanaise; ou encore Les Fraises, de Leïla Marrakchi, sur la lutte de travailleuses saisonnières marocaines contre le système qui les exploite. Plusieurs films autour du conflit israélo-palestinien sont programmés, dont le documentaire Alice au pays des colons ou The Sea, dans lequel un garçon palestinien franchit la frontière clandestinement. Le festival décernera ses cinq récompenses lors de la cérémonie de clôture le 10 octobre.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.