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Platini et Blatter à nouveau devant les juges


Joseph Blatter et Michel le 11 juin 2014 à Sao Paulo. (Photo : AFP)

Retour devant les tribunaux sportifs pour le président de l’UEFA Michel Platini et le patron démissionnaire de la Fifa Joseph Blatter: ils vont s’expliquer lundi et mardi devant la commission de recours de la Fifa pour tenter de réduire leur suspension de huit ans.

Ces deux audiences d’appel interviennent alors que la campagne électorale bat son plein pour l’élection à la présidence de l’instance suprême du foot mondial, prévue le 26 février à Zurich. Le Français sera entendu lundi et sera cette fois-ci bien présent au siège de la Fifa après avoir boycotté son audition en première instance. Le Suisse sera auditionné mardi.

Mis hors jeu du monde du football pour huit ans, tous deux sont engagés dans un parcours juridique et procédural au long cours après cette sanction qui leur a été infligée le 21 décembre.

Les deux hommes, jusqu’ici les personnages les plus puissants de la planète football, sont tombés en raison du paiement controversé de 1,8 million d’euros de Blatter à Platini en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002 sans contrat écrit.

Selon eux, ce versement constituait le solde de la rémunération de cette mission réalisée par l’ex-triple Ballon d’Or auprès du président de la Fifa entre 1999 et 2002. Les magistrats de la Fifa, eux, les ont jugés coupables «d’abus de position», de «conflit d’intérêts» et de «gestion déloyale», écartant toutefois la charge de «corruption».

La chambre d’instruction de la Fifa, qui avait requis leur radiation à vie, a d’ailleurs fait appel de son côté de leur suspension de huit ans, qu’elle juge insuffisante. Cette suspension a été lourde de conséquences pour Platini: il a abandonné la course à la succession de Blatter, faute de temps pour épuiser tous les appels possibles avant le scrutin.

Le TAS comme ultime recours

Lorsqu’il s’était déclaré le 29 juillet, l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France faisait figure d’ultra-favori de ce scrutin. Aujourd’hui, il doit laisser cinq candidats en découdre en son absence: le président de la Confédération asiatique, Cheick Salman Bin Ebrahim Al Khalifa, le secrétaire général de l’UEFA Gianni Infantino, l’homme d’affaires sud-africain Tokyo Sexwale, le prince jordanien Ali et l’ancien secrétaire général adjoint de la Fifa Jérôme Champagne.

L’objectif de Platini, 60 ans, est désormais de blanchir son nom, de restaurer une image écornée et de récupérer au moins son fauteuil de président de l’UEFA. L’instance européenne a d’ailleurs annoncé le 22 janvier qu’elle n’organiserait pas d’élection à sa tête tant que le Français n’aurait pas épuisé toutes les voies de recours.

En cas d’échec en appel devant la Fifa, Platini compte saisir le TAS (Tribunal arbitral du sport) de Lausanne, l’organe suprême de la justice sportive.

Blatter, lui, n’a plus grand chose à espérer. A bientôt 80 ans (le 10 mars), sa carrière de dirigeant sportif semble derrière lui et il a déjà été remplacé par le Camerounais Issa Hayatou comme président intérimaire de la Fifa, en attendant l’élection.

Les appels en interne à la Fifa ne sont pas les seules procédures en cours dans cette affaire car la justice suisse s’intéresse également à Platini et Blatter.

L’ancien capitaine des Bleus avait été entendu fin septembre sous l’équivalent du statut de témoin assisté. Une procédure pénale équivalente à une mise en examen vise Blatter, au sujet du paiement de 1,8 million d’euros mais aussi pour un «contrat défavorable à la Fifa» sur les droits de retransmission télévisée locaux des Mondiaux 2010 et 2014.

AFP/M.R.

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