Accueil | A la Une | [Réalité virtuelle] Invitation au «Bal de Paris de Blanca Li»

[Réalité virtuelle] Invitation au «Bal de Paris de Blanca Li»


Pas question d’aller au bal sans une tenue élégante : avant de prendre part au Bal de Paris, le spectateur choisira son costume parmi une collection signée Chanel. (Photo : Blanca Li)

La chorégraphe-star Blanca Li amène son Bal de Paris au Grand Théâtre, fin décembre. Une expérience hybride et immersive qui réinvente le concept de spectacle de fin d’année.

Qui n’a jamais rêvé de prendre part à un somptueux bal de fin d’année? Avec Le Bal de Paris de Blanca Li, l’expérience est à portée de main grâce à la réalité virtuelle (VR), qui amène l’élégance et le faste de la capitale française au Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg.

Pour l’institution, «c’est une aventure, une première», annonce son directeur, Tom Leick-Burns. Et de taille, puisque Le Bal de Paris, qui prendra ses quartiers au Grand-Duché du 28 décembre au 7 janvier, arrive précédé du prix de la meilleure expérience VR à la Mostra de Venise 2021 et d’un triomphe unique en son genre pour une œuvre de cette nature, comme au Théâtre Chaillot, à Paris, ou au Barbican Centre de Londres. Et repense, au passage, le concept de spectacle de fin d’année si cher au Grand Théâtre.

Dans cette expérience, on suit le retour d’Adèle à Paris, lors d’un bal organisé par son père en son honneur. Mais le cours de la fête sera bouleversé par la présence de l’un des invités, Pierre. «C’est une histoire d’amour et de trahison», résume le directeur du Grand Théâtre.

Ce qui rend ce «spectacle vivant immersif» révolutionnaire, c’est sa configuration : les spectateurs-invités – dix à la fois, dont les avatars en VR peuvent se voir et interagir dans la salle de bal – partagent l’espace avec trois danseurs qui incarnent les protagonistes de l’histoire. Et pour vivre pleinement l’expérience du bal, tout commence dans un dressing (virtuel, évidemment), où l’on est libre de choisir son costume parmi une sublime collection de pièces signées Chanel.

Trois immenses pièces à traverser

Armé de son casque, de son PC-sac à dos et de capteurs sur les mains et les pieds, le participant, guidé par les danseurs, découvre plusieurs danses, dont le grand incontournable du bal : la valse. Libre à lui, aussi, de vivre le bal comme il l’entend, en observant ce qu’il se passe dans chacune des trois immenses pièces qu’il traverse au fil du récit, en dansant ou en interagissant avec les danseurs ou les autres invités. Au total, l’expérience dure environ 1 h 15, dont 35 minutes en réalité virtuelle.

À l’issue du bal, «on a été tellement immergé dans la VR qu’on a besoin de retrouver le sens de la réalité», promet Tom Leick-Burns. «Pour cela, on termine avec un atelier, en apprenant les pas de danse avec un danseur de la compagnie de Blanca Li.» Précision : la chorégraphe accompagnera en personne la première luxembourgeoise de son œuvre, le 28 décembre.

Faire venir Le Bal de Paris à Luxembourg, c’est, d’une part, parce que «Blanca Li connaît bien le Grand Théâtre» : Tom Leick-Burns rappelle les différents passages au Grand-Duché de la chorégraphe franco-espagnole avec ses créations, comme Solstice, en 2018, à l’issue de laquelle elle avait invité le public à danser avec elle sur scène.

Guy Daleiden (Film Fund) enthousiaste

Avant toute chose, Le Bal de Paris de Blanca Li trouve une partie de ses racines au Luxembourg. Le Film Fund, qui a soutenu le projet, avait initialement prévu de le présenter au sein du Pavillon VR du LuxFilmFest. «Notre seul obstacle a été l’espace : pour expérimenter Le Bal de Paris, on avait besoin d’un espace plus grand» que celui réservé dans les salles voûtées de Neimënster, où le Pavillon VR prend chaque année ses quartiers, explique le directeur du Film Fund, Guy Daleiden.

Résultat : «Nous nous sommes engagés auprès de Blanca Li à trouver un endroit adapté à l’expérience. En attendant, on a pu montrer une version « light »» au dernier LuxFilmFest. Déjà spectaculaire, mais sans la dimension participative qui en fait tout l’intérêt. Et dont la chorégraphe ne veut plus entendre parler.

«Je n’aurais jamais cru que l’on expérimenterait Le Bal de Paris dans un tel cadre», souligne Guy Daleiden. L’enthousiasme de Tom Leick-Burns y est pour beaucoup, lui qui a participé au Bal au Barbican Centre, de son propre aveu son premier contact avec la VR. Guy Daleiden : «Le lendemain, Tom m’appelle : « On le prend! »»

«On dit qu’un homme averti en vaut deux, mais un homme converti en vaut deux aussi», blague le directeur du Film Fund, ravi de créer de nouvelles synergies avec une institution culturelle. Pour l’occasion, Le Bal de Paris de Blanca Li s’expérimentera sur la scène du Grand Théâtre, divisée en quatre espaces, portant le nombre de spectateurs-invités simultanés à 40.

Savoir-faire luxembourgeois

Dans cette expérience impressionnante, il est aussi possible d’admirer le travail du studio differdangeois La Fabrique d’images, qui, pour sa première expérience dans la VR, a développé les décors et la modélisation des personnages. Son cofondateur, Jean-Marie Musique, lâche en riant : «Je suis allé vers Le Bal de Paris parce que je suis fan de danse contemporaine. Plus jeune, j’étais entouré de danseurs et c’est une discipline qui m’a attiré un temps. Alors, pour une première dans la réalité virtuelle, travailler avec Blanca Li, c’est plutôt chic, non?»

Le savoir-faire de son studio a gagné gros sur ce projet, avoue-t-il, car la façon de travailler en VR, proche du développement de jeux vidéo, a une «logique complètement différente» de l’animation, son domaine de prédilection. «Le Bal de Paris nous a permis d’explorer cette technologie et peut-être l’exploiter sur nos projets, avec nos réalisateurs luxembourgeois.»

Le Bal de Paris de Blanca Li, accessible à partir de 14 ans, sera présenté à raison de dix séances par jour, et en quatre langues (français, anglais, allemand et espagnol). Y compris le 31 décembre, où l’œuvre sera au centre de la soirée de réveillon qui fait son grand retour après deux ans de pandémie.

Tom Leick-Burns espère que cette expérience «très festive» «touchera de nouveaux publics, de tous les âges et de différents centres d’intérêts», mais son enthousiasme débordant laisse peu de doutes quant à son succès déjà palpable.

Le Bal de Paris de Blanca Li,
du 28 décembre au 7 janvier.
Grand Théâtre – Luxembourg.
Infos et réservations : theatres.lu

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.