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Parcs non-fumeurs à Paris : les uns respirent, les autres toussent


Outre l'inconfort de la fumée, il y a les mégots jetés par terre et que les enfants risquent de mettre en bouche. (illustration AP)

Flâner dans les allées des jardins et parcs parisiens sans humer de fumée de cigarettes ni fouler de mégots, c’est la promesse avancée par la ville de Paris dans plusieurs parcs et espaces verts.

Un dispositif expérimental – et non pénalisant -, mené depuis juillet et jusqu’à l’automne dans six parcs de la capitale, qui séduit en grande partie les non-fumeurs. « L’idée, c’est de bénéficier d’un square aéré, à l’air pur, sans le tabac et les nuisances que cela procure notamment en matière de déchets, de mégots » explique Geoffroy Boulard, maire du XVIIe arrondissement. « Il y a aussi l’enjeu de santé publique : faire prendre conscience que dans un square, il y a des enfants, des personnes âgées… Le tabagisme passif, c’est un enjeu de santé publique », poursuit l’élu LR qui s’est porté volontaire avec pour exemple le cas de la ville de Strasbourg et ses parcs « sans tabac » depuis juin.

Le message véhiculé par les affichettes vertes du square des Batignolles et sur les tracts distribués par la mairie de quartier rencontre un écho favorable chez les passants non-fumeurs. « Je suis tous les jours dans ce square. Il y a certaines personnes qui fument, et ça m’arrive d’aller les voir », reconnaît Nadia, auxiliaire parentale.

Depuis 2015 et dans toute la France, fumer à proximité d’une aire de jeux pour enfants est passible d’une amende de 38 euros, mais pour cette nourrice, il faudrait « interdire la cigarette là où il y a les gamins. La fumée, les mégots par terre… Il y en a qui jouent avec ça, les mettent dans la bouche ». Pour Ophélie, il s’agit d’une question de confort et de respect. « Mine de rien, les fumeurs empêchent les autres de pouvoir respirer normalement. Et si l’on n’aime pas trop avoir l’odeur de fumée sur nous, c’est plutôt pas mal », se réjouit la jeune fille.

« C’est excessif »

Côté fumeurs, le dispositif est jugé disproportionné. « En plein air, comme ça, c’est excessif » conteste Candice, 46 ans, cigarette entre les doigts, debout sous un platane. « Je ne savais pas que c’était interdit. Je me suis déjà éloignée des gens sur les bancs pour respecter leur espace… On en fait vraiment trop », maugrée-t-elle.

Louis, informaticien, vapote sur sa cigarette électronique. Ancien fumeur, il prédit que « bientôt, on n’aura plus le droit de fumer que chez soi ». « Évidemment, près des bacs à enfants, ça peut se concevoir. Mais en plein air, ça n’a aucun sens ! » Sam, jeune auto-entrepreneur, estime ne déranger personne. « Mais on voit quand même beaucoup de parcs avec des mégots par terre, donc pourquoi pas ? » Reste que l’interdiction « ne va pas (l)’empêcher de fumer ».

Une transgression qui ne l’expose à aucune sanction : les vigiles en charge de la campagne de prévention ne peuvent que rappeler à l’ordre les fumeurs récalcitrants. « L’idée, c’était de ne pas être dans la répression, mais d’informer » relève le maire du XVIIe arrondissement. Le jet de mégot sur la voie publique est cependant passible de 68 euros d’amende. L’expérimentation doit durer quatre mois, après quoi le Conseil de Paris décidera de la rendre pérenne ou pas.

LQ/AFP

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