Les socialistes proposent que les étudiants puissent également bénéficier de la subvention loyer. Actuellement, ils en sont exclus parce qu’ils ne disposent pas encore d’un revenu.
Il y a bien les résidences universitaires, mais les places sont rares et «très demandées», comme l’indique l’université du Luxembourg sur son site, en avertissant qu’elle ne peut «malheureusement pas accueillir tous les étudiants». Elle leur conseille d’explorer des solutions d’hébergement alternatives.
La plateforme WeConnect avec qui elle a scellé un partenariat en est une. L’entreprise propose une solution de cohabitation intergénérationnelle et solidaire pour pallier la pénurie de logements étudiants. Elle compte aujourd’hui 2 500 étudiants inscrits ainsi que 160 hôtes, dont 60 sont actifs. Les loyers proposés s’échelonnent généralement entre 600 et un peu plus de 800 euros par mois.
En revanche, les étudiants, contraints ou par choix, qui cherchent à louer un studio sur le marché privé, ou une colocation autre qu’intergénérationnelle, sont confrontés aux réalités des prix de l’immobilier au Luxembourg et ne sont pas éligibles à la subvention loyer. Les socialistes veulent qu’ils puissent en bénéficier.
Yves Cruchten a déposé une proposition de loi en ce sens, début juillet, à la Chambre des députés pour adapter le texte actuel afin que les dispositifs existants en matière d’aide au logement puissent également tenir compte de la situation particulière des étudiants. Parmi les conditions d’octroi de cette subvention figure l’exigence que le demandeur dispose d’un revenu. «Cette condition peut avoir pour effet d’exclure des étudiants qui ne disposent pas encore d’un revenu professionnel», indiquent les députés Yves Cruchten et Ben Polidori dans l’exposé des motifs.
«Cette situation est d’autant moins satisfaisante que ces étudiants peuvent disposer de ressources sous forme de bourses d’études, sans que celles-ci soient pour autant destinées à être assimilées à un revenu professionnel dans le cadre du calcul de la subvention de loyer», font-ils remarquer. Il faut donc lever cet obstacle d’éligibilité et prévoir que cette condition de revenu ne s’applique pas au demandeur inscrit auprès d’un établissement d’enseignement supérieur établi au Luxembourg.
Pour les auteurs de la proposition, il ne s’agit pas de modifier la définition du revenu prise en considération dans la loi actuelle. Les bourses d’études ne sont donc pas ajoutées aux revenus pris en considération pour le calcul de la subvention de loyer. «Cette approche permet d’éviter qu’un étudiant exerçant une activité rémunérée à côté de ses études soit pénalisé par une addition de son salaire et de sa bourse pour le calcul du montant de l’aide».
Les autres conditions restent valables. Le demandeur doit notamment louer un logement sur le marché locatif privé, y être déclaré comme habitation principale et permanente, ne pas disposer d’un autre logement, respecter le plafond de revenu prévu par la loi et consacrer plus de 25 % du revenu de sa communauté domestique au paiement du loyer.
Ainsi, lorsqu’un étudiant exerce une activité rémunérée à côté de ses études, les revenus issus de cette activité continuent à être pris en considération. À l’inverse, le fait de bénéficier d’une bourse d’études ne conduit pas, selon la proposition de loi, à une addition de cette bourse aux autres revenus éventuellement pris en considération.
Question d’équité
«Cette solution permet de concilier deux objectifs. D’une part, elle ouvre l’accès à la subvention de loyer aux étudiants qui poursuivent leurs études supérieures au Luxembourg et qui se trouvent confrontés à des charges locatives importantes. D’autre part, elle maintient le caractère socialement ciblé de l’aide, puisque les limites de revenu et le taux d’effort prévus par la loi restent applicables», précisent les auteurs.
La proposition des socialistes répond également à «une question d’équité entre étudiants». En effet, les étudiants résidant au Luxembourg qui poursuivent leurs études à l’étranger peuvent bénéficier, dans le cadre du système d’aides financières pour études supérieures, d’un soutien tenant compte des charges spécifiques liées au fait de poursuivre ses études à l’étranger. Les étudiants qui poursuivent leurs études au Luxembourg ne doivent pas être désavantagés lorsqu’ils sont eux aussi confrontés à des frais de logement élevés. «Il importe dès lors de permettre aux étudiants inscrits auprès d’un établissement d’enseignement supérieur établi au Luxembourg d’accéder à une aide existante, la subvention de loyer, lorsqu’ils remplissent les autres conditions prévues par la loi», résument les deux députés.