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Trêve à Gaza : le Hamas consent à un accord sur son désarmement


Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas ont continué au quotidien depuis le mois d'octobre. (Photo afp)

Le Hamas a confirmé vendredi la conclusion d’un accord sur son désarmement à Gaza, un des points clé de la deuxième phase du plan initié par les Etats-Unis visant à mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.

Le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben Gvir, a jugé vendredi «inacceptable pour Israël» cet accord, qui prévoit aussi un retrait progressif israélien du territoire palestinien. Il a été annoncé dans la nuit par Donald Trump, deux jours après qu’il a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington.

Cesser les combats à Gaza «revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre», a affirmé Itamar Ben Gvir. La guerre dans le territoire palestinien a été déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement palestinien en Israël le 7 octobre 2023.

Dans l’étroit territoire surpeuplé où la situation humanitaire reste très préoccupante, des habitants oscillent entre scepticisme et espoir.

Israël «ne respecte pas les accords», «ils trouveront quelque chose »» pour reprendre les combats, affirme Ahmed Aal, un chauffeur de taxi de 37 ans.

«Enfin, le Hamas a accepté de remettre ses armes après que Gaza a été détruite. Le peuple a payé le prix du sang. Le Hamas ne devrait absolument plus avoir aucun rôle à Gaza», plaide de son côté Mohammed Hamdouna, un enseignant déplacé.

«Aucun retrait israélien»

Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, des responsables du Hamas ont confirmé qu’un accord avait été trouvé «concernant la question des armes» du mouvement et «un retrait progressif» des forces israéliennes. Mais il n’y aura «aucun retrait» sans «véritable désarmement» du Hamas, a martelé vendredi une source politique israélienne, Israël exigeant la démilitarisation de la bande de Gaza.

Les forces israéliennes occupent plus de 60 % du territoire, une zone délimitée de celle contrôlée par le Hamas par une «ligne jaune» de démarcation.

«Un accord a été trouvé concernant la question des armes (…). De plus, un accord a été conclu sur un retrait progressif» des forces israéliennes à Gaza, a indiqué un responsable du Hamas.

Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du mouvement affirme que la question des armes serait prise en charge par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure composée de technocrates palestiniens créée par le «Conseil de paix» de Donald Trump et qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

Actuellement basé en Égypte, le NCAG est empêché par Israël d’accéder à la bande de Gaza.

Ghazi Hamad a ajouté que sa formation allait désormais discuter des modalités d’application de l’accord avec les médiateurs.

Pour la spécialiste du Hamas Leïla Seurat, le mouvement cherche, avec son annonce, à «forcer la mise en œuvre de l’accord». «Ce qui les intéresse, c’est surtout de mettre les médiateurs face à leurs responsabilités, de dire : nous faisons notre part de ce qui était convenu et Israël ne fait rien», ajoute-t-elle.

«Aujourd’hui, le Conseil de Paix a conclu un accord HISTORIQUE pour le DESARMEMENT COMPLET du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza», avait annoncé dans la nuit sur son réseau Truth Social le président américain, saluant une «étape cruciale».

«À mesure que le désarmement s’achève, les forces israéliennes se retireront et la Force internationale de stabilisation collaborera avec une nouvelle force de police palestinienne», avait-t-il ajouté.

«Suicide politique»

Le responsable du Hamas a dit que son mouvement comptait sur les médiateurs et le «Conseil de paix» pour obliger Israël à respecter les termes de l’accord.

Selon le haut représentant pour Gaza au «Conseil de paix», Nikolaï Mladenov, qui a souligné que l’accord avait nécessité des «mois de très difficiles négociations», «le retrait (israélien) doit aller de pair avec le désarmement».

Mais, à l’approche des législatives d’octobre, «il est hors de question que Netanyahu autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela reviendrait à un suicide politique», note Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas ont continué depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

La guerre à Gaza a fait plus de 73 300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

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