Les organisations de jeunesse du CSV, de DP, de déi gréng, de déi Lénk et du LSAP présentent une déclaration commune en douze mesures pour répondre à la crise du logement.
«Se loger à un prix abordable est un besoin fondamental.» C’est sur ce constat que les organisations de jeunesse de cinq formations politiques présentent leur déclaration commune sur le logement. Elles estiment que le Luxembourg fait face depuis plus de vingt ans à une crise qui touche particulièrement les jeunes et réclament que celle-ci soit «enfin reconnue comme une priorité absolue».
Leur document rassemble douze mesures, qui vont de la lutte contre les logements vacants à la réforme du marché locatif, en passant par un renforcement de la construction de logements abordables.
Recenser les logements vides
Première revendication : accélérer la création d’un registre national du logement pour recenser les logements inoccupés. «Je ne comprends pas qu’en pleine crise du logement, il y ait encore des communes sans registre complet de leurs logements», dénonce Maxime Pantaleoni (déi jonk gréng).
Les organisations réclament également une taxe efficace sur les logements inoccupés et une taxe de mobilisation sur les terrains constructibles non bâtis, afin de lutter contre la rétention de logements et de terrains. «Il est irresponsable, en pleine crise, de laisser des logements vides sans raison pendant des années», estime Maxime Pantaleoni.
Autre objectif : porter à 20 % la part de logements abordables à l’échelle nationale. Les jeunes partis demandent pour cela de consacrer 1 % du PIB chaque année à leur création, contre 0,5 à 0,6 % actuellement. «Nous demandons un objectif d’au moins 1 % du PIB», précise Alice Hoffmann (déi Jonk Lénk).
Ils souhaitent aussi que les prix des logements produits par les acteurs publics tiennent davantage compte des revenus des ménages. «Les logements ne devraient pas être fixés uniquement sur la base des coûts de construction, mais aussi sur la base du pouvoir d’achat réel des ménages», défend Alice Hoffmann.
La SNHBM est directement visée par cette proposition. «Quel est l’objectif de la SNHBM ? Aider les personnes qui gagnent peu à se loger», rappelle Maxime Pantaleoni.
Des outils encore attendus
Les organisations demandent l’instauration d’une densité minimale que les communes devraient accorder aux promoteurs publics pour la construction de logements abordables. Elles réclament également l’introduction des contrats de terrains à bâtir et du remembrement ministériel, deux instruments déjà évoqués par le passé. «En 2017, l’ancien ministre des Affaires intérieures Dan Kersch a présenté deux instruments, le remembrement ministériel et le contrat de terrain à bâtir. Près de dix ans plus tard, les deux instruments ne sont toujours pas introduits», déplore Lou Linster (Jonk Demokraten).
Sur le marché locatif, les jeunes partis proposent d’étendre la garantie locative de l’État aux personnes aux revenus moyens, de réformer le plafonnement des loyers et de renforcer les commissions des loyers. Ils souhaitent également intégrer la performance énergétique dans la détermination du loyer maximal. «Le loyer maximal qui peut être demandé pour un logement devrait également être adapté à la performance énergétique du logement», estime Metty Steinmetz (CSJ).
Les organisations demandent enfin un contrôle renforcé des «chambres meublées» et des logements insalubres.
«Pas de baguette magique»
Le dernier volet concerne le financement et les banques. Les jeunes partis souhaitent les «impliquer» davantage dans les conditions permettant aux jeunes d’accéder à une première acquisition. «En pleine crise du logement, il ne faut pas être plus catholique que le pape lorsqu’il s’agit de fixer les conditions dans lesquelles on souhaite permettre aux jeunes de réaliser une première acquisition», avance Olivier Cano (Jonk Sozialisten).
Ils soulignent toutefois que les banques doivent continuer à respecter les règles qui encadrent leur activité. «Il est important que les banques respectent la réglementation, car c’est la garantie de la stabilité de notre système financier», précise-t-il.
La démarche se veut transpartisane. Les cinq organisations reconnaissent ne pas détenir de solution unique. «Ce problème ne se résout pas par la seule politique partisane, en disant : « nous avons la baguette magique et les autres ne l’ont pas »», résume Metty Steinmetz.
Elles portent néanmoins un regard critique sur les politiques menées jusqu’ici. «La politique menée par tous les partis ces dernières décennies n’a pas fonctionné, sinon nous ne serions pas ici», affirme Olivier Cano. Les communes sont également appelées à agir sans attendre de nouvelles décisions nationales.
Avec ces douze propositions, les organisations de jeunesse veulent ainsi faire du logement une priorité politique et accélérer la mise en œuvre de mesures à leurs yeux nécessaires.