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Le Grand-Duché au cœur de la première mission lunaire européenne


(De g. à d.) Julien Lamamy et Daniel Neuenschwander, représentants d'ispace Europe et de l'ESA, ont signé l'accord de mission à Copenhague. (Photo : ispace europe)

L’Agence spatiale européenne a officialisé son accord avec l’entreprise luxembourgeoise ispace europe qui va diriger Magpie, la première mission d’exploration lunaire de l’ESA prévue en 2029 afin d’analyser la glace d’eau.

C’est désormais confirmé, la toute première mission d’exploration de la surface lunaire par l’Agence spatiale européenne (ESA) sera dirigée par une entreprise luxembourgeoise. La société ispace-Europe, basée dans le quartier de la Gare à Luxembourg dans un ancien bâtiment de Paul Wurth, a signé avec l’ESA ce mercredi 2 septembre la deuxième phase de l’accord pour Magpie («Mission for Advanced Geophysics and Polar Ice Exploration»). Après une phase d’étude lancée en juillet 2024 et la définition de la mission en septembre 2025, les coups de crayon de Julien Lamamy, CEO d’ispace-Europe, et de Daniel Neuenschwander, directeur de l’exploration humaine et robotique de l’ESA, marquent un nouveau chapitre pour l’écosystème spatial luxembourgeois.

Cet accord, signé sur la scène principale lors d’une cérémonie de l’ESA à Copenhague, fait suite à l’attribution, en juillet dernier, du contrat de phase 2 de 65 millions d’euros à ispace-Europe. Le contrat opéré avec l’organisme spatial européen confie donc la livraison complète restante du rover MAGPIE à la filiale luxembourgeoise de la société japonaise ispace. Le cahier des charges inclut le développement, la fabrication, les essais, le transport vers la surface lunaire, les opérations de mission et la fourniture de données scientifiques à l’ESA, avec comme objectif de lancer la mission en 2029.

 

Pour une présence humaine sur la Lune

Pour les pays européens, Magpie peut marquer l’histoire du spatial. Embarqué à bord de l’atterrisseur lunaire Mission 4 ULTRA d’ispace, qui réalisera un atterrissage de haute précision grâce au programme japonais Space Strategy Fund administré par l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise, le rover luxembourgeois pourrait être le premier représentant européen à toucher le sol lunaire. Son objectif est d’étudier la région polaire sud de la Lune, en se concentrant sur la distribution et la stabilité de la glace d’eau et d’autres composés lunaires, ainsi que sur les propriétés du régolithe, la couche de poussière fine et de débris rocheux à la surface.

Pour ce faire, le rover sera, entre autres, équipé d’une foreuse, de spectromètres à neutrons, d’un analyseur de volatils, ainsi que d’un radar à pénétration de sol. Cet ensemble d’instruments scientifiques permettra d’étudier aussi bien la surface que le sous-sol lunaires sous tous leurs angles.

«Le pôle Sud de la Lune est une destination clé pour les futures explorations. En prospectant de l’eau et d’autres ressources volatiles, Magpie fournira des connaissances cruciales pour la prochaine phase de l’exploration lunaire durable», a fait savoir Daniel Neuenschwander lors de la cérémonie. Les zones polaires lunaires situées en permanence à l’ombre abritent en effet de la glace d’eau. L’étude de sa répartition et de sa détection constitue ainsi un enjeu scientifique majeur, car son extraction permettrait de soutenir une présence humaine durable sur la Lune et de produire le carburant nécessaire aux futures missions vers le reste du système solaire.

 

S’inspirer du premier rover Tenacious

«Notre décision de travailler main dans la main avec une entreprise comme ispace, forte en Europe et au Luxembourg, met également en lumière notre approche remaniée, économique et accélérée du développement», a également souligné le directeur de l’ESA. Dans un communiqué, Julien Lamamy estime qu’«en dirigeant la mission de la conception et du développement du rover jusqu’à l’exploitation et la livraison des données, ispace-Europe et ses partenaires transforment l’expertise européenne en une véritable capacité opérationnelle sur la Lune».

Magpie ne sera cependant pas le premier rover à sortir du quartier de la Gare de la capitale. Un premier véhicule d’exploration spatiale nommé Tenacious avait vu le jour mais n’a jamais pu faire ses preuves, l’alunisseur qui le transportait s’étant écrasé le 5 juin 2025 dans le cadre d’une mission lunaire de la société mère ispace, cofinancée par la Luxembourg Space Agency.

Pour cette deuxième tentative, les équipes luxembourgeoises vont travailler au sein d’un consortium avec l’appui d’experts scientifiques et d’ingénierie de cinq pays européens : l’Allemagne, le Royaume-Uni, la République tchèque et la Norvège. L’équipe de mission Magpie travaille actuellement à la revue de préparation du «modèle thermique structural» du rover, puis travaillera sur les tests de locomotion, en se concentrant sur la performance de la mobilité du rover, essentielle à l’exploration.

 

La mission Magpie est prévue pour 2029. (Photo : ispace europe)

 

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