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Contournement de Bascharage : une nouvelle demande de révision du projet


Selon les organisations, le projet entraînerait la destruction de deux forêts précieuses, dont une zone Natura 2000 et une «ancient forest» (Photo d'illustration : Editpress)

Trois organisations environnementales et citoyennes réclament aux autorités d’attendre la décision du Tribunal administratif avant d’entamer les travaux. Elles dénoncent la destruction de deux forêts et l’inutilité du projet en période de crise climatique.

Alors que la première phase des travaux du contournement de Bascharage doit débuter dans les mois à venir, plusieurs associations montent au créneau pour une révision du projet. Cet appel est adressé aux députés de la Chambre, aux collèges échevinaux, aux membres des conseils communaux, aux membres des commissions consultatives communales de mobilité/trafic et de l’environnement des quatre communes du Kordall par la Biergerinitiativ Gemeng Suessem (BIGS), le Mouvement écologique Régionale Sud et natur&ëmwelt. Une entrevue avec Yuriko Backes, la ministre de la Mobilité, a également été demandée.

L’appel intervient quelques mois avant l’audience devant le Tribunal administratif prévue le 14 décembre et qui fait suite au recours contre le projet de contournement de Bascharage déposé par l’initiative citoyenne en juin 2024.

L’environnement, la première victime

Dans un communiqué publié ce mercredi, les organisations pointent l’intention du ministère des Travaux publics et des Ponts et Chaussées de «créer un fait accompli, alors même que le projet reste juridiquement contesté». Elles rappellent également que «lors de l’appel d’offres, les entreprises de construction se sont vu expressément refuser tout droit à indemnisation en cas d’arrêt du chantier ordonné par la justice».

Surtout, elles étayent leur argumentaire sur l’inutilité d’un tel chantier en cette période de crise climatique et de perte de biodiversité. Deux forêts seraient détruites par le contournement : le Zämerbësch, déjà classé zone Natura 2000, et le Bobësch, une forêt ancienne. Les organisations rappellent leur rôle primordial pour la faune et la flore ainsi que leur fonction de réservoir d’eau et de CO2, des ressources essentielles, notamment en cas de canicule.

De plus, la destruction de ces habitats ne pourrait pas être compensée comme il se doit par des mesures obligatoires, le climat actuel ne permettant pas de nouvelles plantations d’arbres. «De même, la mesure de compensation la plus coûteuse, à savoir le pont pour la faune sauvage actuellement en construction au-dessus de l’A13, n’aurait de sens que si le contournement ne venait pas interrompre ou rétrécir à nouveau ce corridor écologique», notent les organisations.

Elles ajoutent que la dernière étude Kordall n’a constaté qu’un faible trafic local entre Bascharage et Sanem et que l’alternative combinant toutes les possibilités offertes par les transports publics gratuits n’a, pour l’instant, jamais fait l’objet d’une étude sérieuse. Enfin, elles indiquent que «tous les terrains nécessaires n’appartiennent pas encore à l’État ni ne sont garantis par des contrats».

Les organisations demandent aux politiques d’attendre au moins la décision définitive du Tribunal administratif avant de commencer les travaux, afin d’éviter des destructions environnementales et des coûts pour les collectivités.

«Une politique responsable se caractérise par la capacité à identifier à temps les mauvaises décisions et à empêcher leur mise en œuvre en temps utile. Limiter les dégâts ne signifie en aucun cas faire un pas en arrière, mais bien un pas en avant», appuient les associations.

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