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La Voix des Survivant(e)s toujours plus forte : «On croit en vous, continuez!»


L'association de défense des victimes de violences compte une centaine de membres. (Photo : lvds/anthony pinto)

Créée en 2022, La Voix des Survivant(e)s fait aujourd’hui partie des interlocuteurs incontournables du débat public en matière de lutte contre les violences.

Lors de son assemblée générale le 23 avril à Mersch, l’association La Voix des Survivant(e)s a fait le point sur son année 2025 et annoncé de nouveaux projets. La présidente, Ana Pinto, a d’abord salué l’engagement de tous les bénévoles et soutiens, y voyant «un message fort qui dit : on croit en vous, continuez!»

Du côté de l’accompagnement des victimes, le groupe de soutien de La Voix des Survivant(e)s a accueilli majoritairement des femmes confrontées à des violences domestiques et au contrôle coercitif.

«Beaucoup expriment des peurs liées à la garde des enfants ou l’accès au logement», précise l’ASBL. De jeunes victimes d’abus intrafamiliaux ainsi que des hommes (4 %) marqués par des violences subies dans l’enfance ont également été reçus.

«Si on parle de violence, on pense que cela n’arrive que dans les familles défavorisées ou d’origine étrangère. Or toutes les jeunes que j’accompagne sont luxembourgeoises, ont des parents de statut aisé, même parfois très riches», a pointé la bénévole Annette Michels.

«Ils exercent la profession de directeur, avocat, fonctionnaire, etc. Chacune de ces jeunes n’a pas été crue dans son enfance ou sa jeunesse quand elle a osé parler de ses souffrances.»

En parallèle, le fonds spécial «Nouveau départ», qui offre un coup de pouce financier à des victimes sur le chemin de l’indépendance, peut être débloqué en cas de besoin. Il est doté de 15 000 euros au total et cinq personnes ont bénéficié d’une aide de 500 euros l’année dernière.

De nombreuses avancées

À la suite de la présentation de 57 mesures concrètes contre les violences à la Chambre des députés en juillet, certaines lignes ont déjà bougé, se réjouit l’association.

  • Le sursis doit désormais être motivé pour être appliqué en matière pénale,
  • Le Centre national pour victimes de violences (CNVV) sera ouvert en continu à partir du 1er mai,
  • Le conseil de gouvernement a adopté un projet de loi introduisant la pénalisation du contrôle coercitif,
  • Des initiatives se mettent en place pour mieux former les policiers.

«Nous regrettons le rejet de notre demande de création d’un tribunal spécialisé, mais nous allons poursuivre la discussion pour avoir des policiers et magistrats spécialisés dans les affaires de violences sexuelles et sexistes au sein d’une chambre spécialisée», annonce l’association.

«Les victimes ne connaissent pas leurs droits»

D’autres propositions ont été discutées le 13 avril en commission de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble, de l’Accueil, de l’Égalité des genres et de la Diversité. Un autre débat aura lieu au sein de la commission de la Justice, mais la date n’est pas encore connue.

Stéphanie Makoumbou, avocate et membre du comité, a accompagné de nombreuses victimes de violences à différentes étapes de leur parcours judiciaire, en vue d’un dépôt de plainte ou pour tenter de débloquer une procédure qui n’avance pas.

«Souvent, les victimes ne connaissent pas leurs droits. Il est donc important de les informer», a-t-elle observé, citant l’exemple d’une personne dont le conjoint violent affirmait avoir le droit de revenir au domicile. «Elle ne savait pas si elle pouvait lui refuser l’accès ou non.»

Un «violentomètre» pour les enfants

Très active sur le terrain, entre interventions dans les lycées et participation à des conférences et tables rondes, LVDS s’est imposée en trois ans comme un interlocuteur de référence sur les questions relatives aux violences sexistes et sexuelles au Luxembourg.

L’association est aussi associée au projet de l’Okaju pour la création d’un «violentomètre» destiné aux enfants et adolescents. Enfin, un projet de bande-dessinée documentaire est en cours pour disposer d’un nouveau support de prévention dans les lycées notamment.

En attendant, un groupe de parole va être relancé dans les prochaines semaines et un cours de krav-maga sera proposé en septembre pour les membres.

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