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La Fédération des artisans appelle à des réformes structurelles


La FDA estime que la question centrale est désormais celle des réformes à engager pour renforcer durablement la compétitivité des entreprises. (Photo : fabrizio pizzolante)

Au lendemain de la tripartite, la FDA estime que les mesures adoptées ont permis d’apporter un répit à l’économie, sans toutefois répondre aux difficultés structurelles auxquelles sont confrontées les PME et le secteur de l’artisanat.

La Fédération des artisans reconnaît les effets positifs des décisions prises dans le cadre de la tripartite, notamment les mesures destinées à contenir l’inflation énergétique et à réduire le risque d’une succession rapide de tranches indiciaires. Elle souligne également l’introduction d’un crédit d’impôt lié au salaire social minimum, qu’elle considère comme un soutien au pouvoir d’achat sans augmentation directe du coût du travail.

Pour autant, selon la FDA, ces mesures ne règlent pas les problèmes de fond. L’organisation estime que la question centrale est désormais celle des réformes à engager pour renforcer durablement la compétitivité des entreprises.

Le logement au centre des préoccupations

La fédération considère la crise du logement comme le principal défi structurel du pays. Selon les chiffres cités lors de la conférence, le Luxembourg aurait besoin de construire environ 6 500 logements par an, alors que la production effective est tombée à près de 1 000 unités en 2025.

Le secteur de la construction reste marqué par un net ralentissement de l’activité. La FDA relève notamment une baisse du nombre d’investisseurs privés, qui représenteraient aujourd’hui 23 % des acheteurs contre environ 50 % avant la crise. Depuis 2022, plus de 7 000 logements neufs n’auraient pas été réalisés par rapport aux niveaux observés avant le retournement du marché.

L’organisation estime que l’effort public prévu dans le logement abordable, évalué à environ 500 millions d’euros par an entre 2026 et 2029, ne couvrira qu’une partie limitée des besoins de financement, estimés à près de 4 milliards d’euros par an. Elle plaide dès lors pour un retour des investisseurs privés et institutionnels.

Parmi ses propositions figurent la réintroduction de mesures fiscales favorables à l’investissement locatif, un amortissement accéléré, un crédit d’impôt spécifique, un relèvement du volume du «Housing Bond» ainsi qu’un allègement temporaire de la fiscalité sur certaines plus-values immobilières.

Davantage de flexibilité dans l’organisation du travail

Deuxième thème mis en avant : l’organisation du travail. La FDA regrette que cette question n’ait pas été abordée lors de la tripartite et souhaite qu’elle fasse l’objet de discussions au sein du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE).

L’organisation estime que le cadre légal actuel demeure largement inspiré d’une économie industrielle du début du XXᵉ siècle et qu’il ne répond plus pleinement aux besoins des entreprises et des salariés.

La fédération avance sept propositions visant à accroître la flexibilité tout en maintenant, selon elle, les garanties existantes. Parmi celles-ci figurent la possibilité d’organiser les 40 heures hebdomadaires sur des journées pouvant atteindre dix heures, un assouplissement des règles applicables au temps partiel, une révision des modalités de repos hebdomadaire ou encore une simplification des procédures liées aux heures supplémentaires et aux plans d’organisation du travail.

La FDA insiste néanmoins sur le fait qu’elle ne remet pas en cause la durée légale de travail, le rôle des syndicats dans les conventions collectives ou les protections en matière de santé, de sécurité et de rémunération.

Le statut des indépendants remis sur la table

Enfin, la fédération a consacré une partie importante de son intervention à la situation des indépendants, qu’elle juge insuffisamment prise en compte dans les débats récents.

Elle rappelle que plusieurs pistes de réforme avaient été évoquées à la suite de la pandémie et inscrites dans l’accord de coalition, mais qu’elles n’ont, selon elle, connu que peu de concrétisations. L’organisation critique notamment la suppression, en 2023, d’un mécanisme fiscal permettant de déduire certaines cotisations sociales obligatoires des dirigeants indépendants.

La FDA demande une égalité de traitement fiscal entre salariés et indépendants concernant ces cotisations. Elle propose également un renforcement de la protection sociale des travailleurs indépendants en cas de crise, d’intempéries ou d’interruption forcée d’activité, ainsi qu’une modernisation du régime du conjoint aidant.

Représentant plus de 9 000 entreprises artisanales et quelque 103 000 salariés, la Fédération des artisans entend désormais placer ces trois dossiers au cœur du débat politique et social des prochains mois.

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