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Fernand Kartheiser dans le viseur du Parlement européen


Fernand Kartheiser dénonce une procédure tardive et revendique son engagement en faveur du dialogue avec la Russie. (Photo d'illustration : julien garroy)

L’eurodéputé luxembourgeois risque de nouvelles sanctions. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a saisi le comité d’éthique de l’institution afin d’évaluer si Fernand Kartheiser a enfreint le code de conduite.

Fernand Kartheiser fait une nouvelle fois parler de lui au Parlement européen. Après avoir été exclu, en juin 2025, du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) par ses collègues de l’extrême droite en raison d’un déplacement à Moscou au cours duquel il avait rencontré des proches du pouvoir russe, l’eurodéputé luxembourgeois risque aujourd’hui de faire face à de nouvelles sanctions.

C’est ce qui ressort d’une lettre rédigée par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et adressée à l’eurodéputé Gilles Boyer, président du «Comité consultatif sur la conduite des députés». Ce courrier, que Fernand Kartheiser a obtenu avant de le publier mardi sur le réseau social X, fait référence à la déclaration dite «de Saint-Pétersbourg», datée du 4 juin 2026. Le Luxembourgeois s’est alors rendu au Forum économique qui se tenait dans la ville. En marge, un accord avait été adopté par des députés européens et des parlementaires russes sans pour autant être signé. Cette déclaration fait référence à «des perspectives de rétablissement des relations entre l’Union européenne et la Fédération de Russie», mais ne mentionne à aucun moment la «guerre» en Ukraine, un terme interdit par le Kremlin.

«Le document contient des déclarations qui nous préoccupent, avant tout parce qu’elles peuvent donner l’impression qu’il existe un canal de communication informel entre le Parlement européen et la Douma d’État de la Fédération de Russie, au nom de la diplomatie parlementaire», pointe Roberta Metsola.

La présidente du Parlement européen poursuit en soulignant un possible manquement aux obligations de transparence. Selon elle, Fernand Kartheiser était tenu de déclarer sa participation à ce type de réunions, conformément aux règles de conduite en vigueur au sein de l’institution.

Roberta Metsola conclut en souhaitant l’ouverture d’une enquête afin «d’examiner la situation et d’évaluer si M. Kartheiser ou tout autre député concerné» a enfreint le code de conduite du Parlement.

Kartheiser se défend

Le député ADR a tenu à exprimer sa «surprise de ne pas avoir été informé de cette lettre par l’administration du Parlement» avant d’insister sur le fait que ses relations informelles avec des parlementaires russes sont menées de manière publique depuis mai 2025. Des faits qui lui ont justement valu d’être exclu du groupe CRE.

Fernand Kartheiser défend ses actions en expliquant qu’«il n’existe aucune alternative au dialogue» pour résoudre ces conflits et considère que le Parlement européen devra, à terme, renouer des contacts avec les institutions russes. Enfin, il met en garde contre une éventuelle interdiction de ce type d’échanges, qu’il considère comme «un nouveau signal négatif au moment même où la politique européenne évolue vers une approche davantage fondée sur le dialogue».

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