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[Handball] Les Red Boys ont vécu un enfer à Chypre


Les «ultras» du club d’Anorthosis ont semé la terreur. (Photo : joé weimerskirch)

EUROPEAN CUP Crachats, insultes et intimidations. En déplacement à Nicosie pour disputer leur 16e de finale aller, les Luxembourgeois ont vécu une rencontre chaotique. Retour sur les évènements.

Sur le papier, la destination semblait idyllique : Nicosie, la capitale chypriote et ses 25 degrés. Un week-end rêvé, en ce mois de décembre, pour disputer un match de Coupe d’Europe. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu pour les Red Boys qui ont «vécu un vrai cauchemar». Au-delà d’une défaite de 3 buts (23-20), loin d’anéantir tout espoir d’une qualification avant le match retour programmé samedi (18 h), à Niederkorn, c’est l’ambiance houleuse de la rencontre qui est au cœur de l’attention. Le début de ce mauvais scénario commence dès l’arrivée sur place de la délégation luxembourgeoise, le vendredi.

«Personne de l’équipe adverse n’est venu à notre rencontre (comme c’est le cas à l’accoutumée) pour nous demander si tout allait bien. On attendait aussi des nouvelles pour la réunion parce que normalement, si on joue le dimanche matin, on fait toujours des réunions le matin même avec les arbitres et les officiels. On n’a reçu aucune nouvelle de leur part. C’est seulement dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 h 30 que la réception nous a appelés pour nous dire que la réunion était prévue le matin à 10 h. Un taxi a été envoyé, mais il n’avait aucune idée d’où on devait aller», s’étonne Petrit Cakaj.

Arrivé dans la salle avec certains membres du club grand-ducal, le team manager de Differdange constate avec stupéfaction l’état de celle-ci. Vétuste et sans aucune protection au niveau des murs pour assurer la sécurité des joueurs en cas de contact, rien. «Je n’avais jamais vu ça», lance-t-il.

Les désagréments s’enchaînent

À quelques heures de la rencontre, les mauvaises surprises continuent. «On attendait le bus à l’heure prévue. Il était garé 400 mètres plus loin et personne n’est venu nous prévenir qu’il était là. On a attendu pendant 20 minutes. Finalement, on a commencé à marcher pour aller voir, on a trouvé le chauffeur. Lui non plus ne savait même pas où aller.» Et les choses ne vont pas s’arranger, bien au contraire.

À peine franchi le pas de la porte du gymnase, les Luxembourgeois, munis de drapeaux aux couleurs du pays et de tambours sont interpellés par une personne à l’entrée : «Vous êtes sûrs de vouloir apporter les drapeaux et le reste? Parce que certains de nos fans sont fous…». Le ton est donné. Si tout se passe bien durant l’échauffement, les choses vont s’accélérer une dizaine de minutes après le coup d’envoi.

La porte du vestiaire des Red Boys cassée par les «ultras». Photo : joé weimerskirch

Plus d’une centaine d’hooligans venus vraisemblablement d’un match de football, perdu 0-2 par le club local débarquent (certains masqués) dans les tribunes. Rapidement, les choses s’enveniment : «Nous étions trois personnes en train de faire du bruit pour supporter notre équipe. Ils sont venus vers nous et ils ont arraché les drapeaux», explique l’ancien joueur. En quelques minutes, l’atmosphère a totalement changé virant à l’intimidation. Les crachats descendent des gradins, les insultes aussi. Sur le terrain, les deux équipes se tiennent dans un mouchoir de poche.

Une mi-temps chaotique

Peu de temps avant la pause, les Red Boys prennent les commandes (11-13). Et, c’est à la mi-temps que la situation dégénère. Certains de ces pseudo-supporters n’ont rien trouvé de mieux à faire que de tenter d’enfoncer, depuis l’extérieur, la porte des vestiaires de Differdange (voir photo) pour intimider les joueurs. Paniqués, certains sortent en courant prévenir les officiels pendant que d’autres tentent de contenir la furie des hooligans.

«Ça fait 15 ans que je suis dans le handball au Luxembourg, je n’ai jamais vécu une telle situation», enrage le natif de Tirana. Le délégué de l’EHF présent sur place voit toute la scène. «Je lui ai expliqué que la sécurité de nos joueurs n’était pas assurée. Il n’y avait pas d’agents, ni de policiers. Il n’y avait rien du tout.» La rencontre est alors partiellement interrompue. Mais après quelques minutes de flottement, le corps arbitral décide de reprendre la partie.

« Si on avait gagné le match, on ne sortait pas de cette salle sans avoir de problèmes »

La raison évoquée ? Si le match avait été définitivement arrêté, l’équipe aurait été encore plus en danger. La suite on la connaît. La bande de Sandor Rac ne pourra éviter la défaite (23-20). «Je peux vous assurer que si on avait gagné le match, on ne sortait pas de cette salle sans avoir de problèmes», conclut Petrit Cakaj, encore choqué par les évènements. Les Red Boys ont pris contact avec l’EHF pour faire part de la situation.

À noter que ce n’est pas la première fois que le club chypriote est sous le feu des projecteurs pour des raisons extra-sportives. En 2021, deux dirigeants d’Anorthosis ont été sanctionnés de deux amendes (750 euros et 1 000 euros) pour conduite inappropriée et antisportive envers des officiels de l’EHF après le match face aux Suédois d’Ystads IF.

Dans une ambiance beaucoup moins hostile, les Red Boys tenteront de refaire leur retard de trois buts afin de décrocher leur billet pour les 8es de finale.

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