[Ligue des champions, demi-finale] Mené au score, aux abonnés absents pendant vingt minutes, le champion d’Europe en titre a failli frapper un coup immense avant de voir le Bayern recoller.
Un monument. Une montagne. Un monstre. On ne peut pas ne pas sortir secoué, désarçonné, totalement retourné par cette première mi-temps de pure fureur qu’a été Paris SG – Bayern Munich. Comme si, dans la foulée des Classiques cyclistes de printemps, le sport européen s’était dit qu’il n’était plus question que de fabriquer de l’anthologie à chaque grand rendez-vous, désormais.
Comment résumer cela? En respirant dans un sac en papier pour éviter de tourner de l’oeil et en remettant de l’ordre dans ses idées. En disant que le PSG, pendant 20 minutes, n’a été nulle part. Pénalty de Kane (0-1, 16e) après une faute de Pacho sur Dias. Balle de break pour Olise en tête-à-tête avec Safonov, freiné par la main droite du gardien, suppléé sur sa ligne par Marquinhos (18e).
Les contres du PSG, toujours mortels
Puis l’indécence est retombée sur le Parc des princes, parce qu’elle y a ses habitudes. Comme si voir le champion d’Europe simplement mangé tout cru par la meilleure équipe continentale de la saison était une version bien trop simpliste de ce que doit être cette demi-finale de Ligue des champions.
On est à la 23e : Neves, sur un pas, lance Dembélé seul en profondeur. Le Ballon d’Or rate son plat du pied. Mais tout bascule alors sur ce seul oubli du bloc défensif bavarois. Dans la foulée, Kvaratskhelia va provoquer Stanisic balle au pied pour sa spéciale : un ballon enveloppé deuxième poteau qui flingue les jambes de Neuer, incapable d’aller chercher ce bijou de précision (1-1, 24e).
La VAR dit que c’était pénalty
Mais voilà qu’Olise, proche de l’état de grâce, se lance dans un solo. Il finit sur un tacle de Neves qui pousse le ballon sur son poteau (32e). Ni une ni deux, dans une ambiance de délitement émotionnel total, alors que toutes les digues craquent déjà de toute part, que la raison s’affaisse, Doué rase le montant du re-néo-champion d’Allemagne. Sur le corner, Neves, plus petit joueur sur le terrain, fait du petit bois de Musiala sur son démarrage et décroise une tête hors de portée de Neuer (2-1, 33e).
Sur un énième contre dont le club parisien, le Bayern passe proche du 3-1? Il va faire 2-2 sur une nouvelle «Oliseiade», pas attaqué, plein axe, au milieu de quatre joueurs (2-2, 41e).
Mais sur un centre de Dembélé et une main décollée de Davis, la VAR va appeler l’arbitre, offrir un pénalty au PSG, qui va rentrer devant sur un tir plein de sang-froid de Dembélé (3-2, 45+2).
La «Deutsche Qualität» demeure
C’est le début de quelque chose. Une de ces soirées qu’on ne peut oublier que parce qu’on le veut. Parce qu’on a été battu, par exemple. On est de retour des vestiaires et sur un déboulé d’Hakimi couloir droit, Dembélé va sauter par dessus le ballon, plein axe. Au deuxième poteau, Kvaratskhelia pousse au fond (4-2, 56e). Et deux minutes plus tard, sur un contre comme seul le PSG sait en mener, Doué donne à Dembélé, qui frappe petit côté et trompe Neuer avec l’aide du poteau (5-2, 58e).
Mais rien n’est plus normal, depuis quelques années, en Ligue des champions. Sur un coup-franc anecdotique de Kimmich sur lequel Kimmich est le seul à s’élever sans toucher le ballon, Muncih va faire 5-3 (65e). Puis Diaz, servi en profondeur, va faire de la magie avec son pied droit, pour contrôler le ballon et éviter Marquinhos (5-4, 68e).
Le match va se terminer comme il a commencé : le Bayern au ballon, le PSG qui court derrière. Mais restera devant. Avec un tir puissant de Mayulu qui finira sur l’équerre (87e), avec un gros pépin musculaire pour Hakimi, derrière la cuisse droite.
À quoi pourra bien ressembler le retour, à l’Allianz Arena? À quoi pourra ressembler la deuxième manche de ce show total et qui défie les lois de la logique?