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Drogues au Luxembourg : la cocaïne inquiète


Les rapports mettent en évidence une augmentation des consommateurs de cocaïne au Luxembourg. (Photo d'illustration : archives editpress/fabrizio pizzolante)

L’Agence européenne des drogues a publié ses rapports sur l’usage des drogues dans 29 pays européens : au Grand-Duché, si les injections reculent, la cocaïne progresse.

Deux rapports ont été publiés ce mardi sur l’usage des drogues : celui continental de l’Agence européenne des drogues (EUDA) et celui national de son antenne le Point focal luxembourgeois.

Dans le premier, la tendance montre une évolution rapide des marchés des drogues en Europe : diversification des substances, «plus puissantes et plus pures», avec notamment l’apparition de «50 nouvelles substances psychoactives» en 2025, souvent commercialisées sous la forme de faux médicaments.

En parallèle, des opioïdes synthétiques inédits et du cannabis plus puissant importés d’Amérique du Nord viennent gonfler la liste des risques liés à la consommation de produits stupéfiants, au même titre que la kétamine, de plus en plus utilisée dans les milieux festifs.

Plaque tournante

Dans le second rapport, le Point focal luxembourgeois de l’EUDA dresse un tableau complet de la situation au Luxembourg en 2024. La position géographique stratégique du Grand-Duché et ses infrastructures logistiques le placent en première ligne dans les flux du trafic international, comme le montrent les saisies, de plus en plus importantes, de produits souvent destinés au marché extérieur.

Mais à l’intérieur de nos frontières, la drogue continue d’accroître son influence, avec 2 684 usagers à haut risque identifiés par le Réseau luxembourgeois d’information sur les stupéfiants et les toxicomanies, contre 2 162 en 2019. Ces individus (en majorité des hommes, nés au Luxembourg, avec une moyenne d’âge de 40 ans) présentent un risque important de dépendance et de problèmes physiques, psychologiques ou sociaux, avec une forte probabilité de nécessiter une intervention des forces de l’ordre ou des services d’aide à la prise en charge. 

Coke en stock

Au-delà des produits nicotinés et de l’alcool, ce sont surtout le cannabis, avec des teneurs en THC en hausse, et la cocaïne, avec une pureté moyenne atteignant un niveau record en 2025, qui présentent le plus de danger. La comparaison des données de 2023 et 2024 suggère bien une diminution de la consommation principale d’opioïdes (26 % chez les usagers à haut risque), une tendance fluctuante mais continue depuis 2010 (où le taux était de 80,6 %).

Mais paradoxalement, le rapport met en évidence une augmentation des consommateurs principaux de cocaïne, passant en l’espace de deux ans de 25 % (2022) à 33 % (2024). Les demandes de traitement vont clairement dans ce sens, les sollicitations pour la cocaïne ayant presque doublé depuis 2013.

Loin des idées reçues sur l’usage de drogue par des marginaux sans domicile, ils sont une majorité à avoir une résidence stable sur notre territoire, et le Quality of Work Index Luxembourg, commandé chaque année par la Chambre des salariés et l’université du Luxembourg semble montrer en 2024 que la consommation se fait parfois également au travail, dans un but récréatif ou festif.

Moins d’overdoses mortelles

Point positif, la mortalité liée aux drogues semble s’améliorer durablement : le rapport national précise que «depuis la mise en œuvre des salles de consommation supervisées, les overdoses mortelles sont passées de 26 décès en 2000 à 12 en 2024, bien en dessous de la moyenne européenne».

En parallèle, le Luxembourg met en œuvre les préconisations de l’EUDA, et notamment un programme de naloxone à emporter à destination des personnes quittant le milieu carcéral, afin de prévenir les overdoses potentiellement mortelles durant la période à risque qui suit leur libération», précise le gouvernement.

Les contrôles croissants des automobilistes par la police ont également permis une stagnation des délits de conduite sous l’emprise de stupéfiants. Le cannabis reste la substance la plus fréquemment détectée, apparaissant dans environ 60 % des résultats de tests au cours des cinq dernières années.

La cocaïne reste la deuxième substance la plus fréquemment détectée, avec des taux de détection autour de 20 % sur la même période.

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