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L’OGBL au chevet des résidents portugais


Luc Frieden (à g.) reçu à Lisbonne par Luís Montenegro, Premier ministre du Portugal (à d.) en mai 2024. (Photo : sip)

Dans une lettre adressée ce lundi au gouvernement du Portugal, l’OGBL demande à Lisbonne de maintenir le médecin de famille pour les Portugais résidant à l’étranger.

L’OGBL monte au créneau contre une nouvelle mesure du gouvernement de Luís Montenegro qui prive, depuis le 4 juillet, les Portugais résidant à l’étranger de la possibilité de conserver ou d’obtenir un médecin de famille au Portugal. Le syndicat luxembourgeois, qui compte plus de 10 000 membres portugais ou d’origine portugaise, demande aux autorités de Lisbonne de revenir sur leur décision.

Problème de «timing»

Dans sa lettre adressée au Premier ministre Luís Montenegro, à la ministre de la Santé Ana Paula Martins et au secrétaire d’État aux Communautés portugaises Emídio Sousa, le département des Immigrés de l’OGBL dénonce une mesure qu’il juge «injuste, injustifiable et incompréhensible». Le syndicat estime notamment que la décision pénalise les Portugais de l’étranger qui continuent à entretenir des liens étroits avec leur pays d’origine.

Le calendrier adopté paraît particulièrement sensible pendant la période estivale. La nouvelle règle est entrée en vigueur au moment où de nombreux Portugais installés au Grand-Duché retournent dans leur pays d’origine pour leurs vacances, un timing que n’a pas manqué de critiquer le Parti socialiste au Portugal. Certains expatriés ont en effet l’habitude de profiter de l’été pour consulter leur médecin de famille, qui s’assure de la continuité des soins parfois depuis des années, dans leur langue maternelle et sur un sujet sensible, la santé.

Au-delà des conséquences individuelles, l’organisation syndicale conteste la logique même de la réforme. Pour elle, exclure les résidents portugais à l’étranger des listes de patients permettrait surtout de modifier artificiellement le ratio de patients par médecin et, sans s’attaquer à la pénurie structurelle de professionnels de santé, qui laisse environ 1,5 million de personnes sans médecin attitré au Portugal. Selon l’OGBL, les expatriés ne devraient pas servir de variable d’ajustement à ces difficultés : «Il faut s’attaquer à la cause profonde du problème et non au symptôme.»

Le gouvernement portugais défend toutefois une autre logique : il s’agit de rationaliser les listes d’attente face à l’augmentation rapide de la population, à cause notamment, selon la ministre de la Santé, de l’immigration. Ana Paula Martins avait en effet affirmé, le 21 juin dernier au congrès du Parti social-démocrate, que les immigrants faisaient disparaître le «succès» du gouvernement alors que le nombre de médecins de famille augmentait.

Vents contraires

L’organisation syndicale regrette donc l’absence de concertation et dénonce une décision unilatérale. Mais elle met surtout en avant le poids économique de la diaspora. Selon les chiffres cités par le syndicat, les émigrés ont envoyé près de 4,4 milliards d’euros au Portugal en 2025. L’OGBL estime que cette contribution rend d’autant plus contestable la réduction de leurs droits en matière de santé. Le syndicat critique également les conséquences pratiques de la mesure : les émigrés pourraient devoir régler directement certains soins ou avoir recours à la carte européenne d’assurance maladie, avec à la clé des démarches administratives et des procédures de remboursement que l’OBGL juge «complexes et fastidieuses».

Enfin, le syndicat luxembourgeois souligne une forme de contradiction entre cette décision et les efforts actuellement déployés par les autorités portugaises pour inciter les émigrés à revenir s’installer au Portugal. La réduction de leurs droits en matière de santé risque, selon l’OGBL, de fragiliser la confiance de la diaspora et de constituer un frein supplémentaire à un éventuel retour. L’organisation conclut donc sa lettre au gouvernement portugais en lui demandant de reconsidérer sa décision et de maintenir aux Portugais résidant à l’étranger la possibilité d’être rattachés à un médecin de famille lors de leurs séjours au pays.

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