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Défilé militaire de la fête nationale : «Donnez tout les gars !»


Beaucoup de femmes étaient visibles sous les uniformes, comme le premier lieutenant Michèle Welter qui commandait le détachement motorisé de l’armée. (Photos : hervé montaigu)

Partie intégrante des festivités de la fête nationale, la parade militaire a repris ses quartiers sur l’avenue de la Liberté. Les uniformes n’ont laissé personne indifférent.

Les derniers coups de canon tirés du Fetschenhof finissent de résonner dans la vallée. Boulevard de la Pétrusse, on vérifie son uniforme une dernière fois. «Donnez tout les gars!», lance un officier de la police au peloton, sabre au clair. Les mines se figent, les tambours résonnent… C’est parti ! Les médailles et les boots parfaitement cirées claquent. Les différents détachements de la police et de l’armée se mettent en rang le long de la place du Rousegaertchen pour accueillir les officiels arrivés en bus. Une foule multiculturelle se masse de part et d’autre de l’avenue de la Liberté.

«Garde-à-vous !» Le Grand-Duc Henri, après les ministres Kox et Bausch en queues de pie, ainsi que le chef d’état-major de l’armée, le général Steve Thull, le commandant du Centre militaire de Diekirch, le commandant des forces, le colonel Yves Kalmes, et le colonel Robert Kohnen, aide de camp auprès de la maison du Grand-Duc, passent les troupes en revue sous un soleil de plus en plus insistant. Cette année, un détachement de l’Eurovorp a fait le déplacement à l’occasion des trente ans de la création de cet état-major regroupant des contingents de cinq pays européens ainsi que six pays associés.

« Ça fait toujours rêver »

«C’est un peu désuet, ce genre de démonstration de force martiale. Mais la chose militaire fait toujours rêver», lance Jennie venue accompagner son mari et dont les yeux ne brillent pas du même enthousiasme que les billes bleues d’un petit blondinet juché dans les bras de son papa. Juan, arrivé de Salamanque il y a six mois, découvre «un aspect du Luxembourg que je n’imaginais pas». «Et regardez, sur la place de Paris, les manèges continuent de tourner comme si de rien n’était», fait remarquer le jeune hidalgo amusé.

Après deux années sans parade militaire en raison de la pandémie de Covid et une année où la parade avait été déplacée au Kirchberg à cause du chantier du tram, elle reprend ses droits dans le quartier de la gare. Dans les rangs des badauds, les commentaires fusent. «Les pauvres jeunes doivent avoir chaud plantés sous leurs uniformes.» «Cela doit être étrange de se faire applaudir par ses cerfs» ou encore «Je ne savais pas qu’il y avait autant de forces armées au Luxembourg».

«Lénks, riets, lénks, riets!»

Certains sont heureusement couverts par un mélange de Willelmus, l’hymne à la maison grand-ducale, et de quelques frileux applaudissements à l’arrivée du grand-duc et du grand-duc héritier, Henri et Guillaume, avant le triple «Vive!». Lui-même était suivi par l’Ons Heemecht, l’hymne national, tandis qu’au loin résonnaient les cloches de la cathédrale et que les premiers moteurs de blindés vrombissaient. Les premiers pelotons de l’armée et de la police, dont de superbes bergers malinois, remontent l’avenue au rythme d’une marche militaire. «Lénks, riets, lénks, riets!» Et ainsi de suite. Les pelotons plantés en plein soleil depuis une heure ont droit à un ravitaillement en eau.

Le prince héritier Guillaume et son père, le grand-duc Henri, saluent les troupes juste avant le début de la parade militaire. Photo : hervé montaigu

Sur le pont Adolphe, les gyrophares succèdent aux blindés, tandis que les avions de transport A400M et A330 ainsi que l’hélicoptère de la police volent la vedette aux véhicules de la police grand-ducale. Suivent les forces non militaires, comme l’administration des Douanes et Accises, l’administration pénitentiaire et son groupe canin et les – comme de coutume – très applaudis sapeurs-pompiers accompagnés du groupe de sauvetage de la Croix-Rouge.

Mais à l’applaudimètre, ce sont les soignants qui ont soulevé le plus de ferveur populaire. Et rebelote pour le détachement motorisé clôturé par la Croix-Rouge, qui clôt la parade. «C’est fini?», demande un gamin qui en redemande. Son père lui promet d’approcher les véhicules «de tout près». Ils sont stationnés place de Metz.

Les enfants sont particulièrement impressionnés par les uniformes, la musique et les véhicules. Des vocations naîtront peut-être à la suite du défilé. Photo : hervé montaigu

Boulevard de la Pétrusse, les mines se détendent à nouveau, on a tombé la veste d’uniforme. Le public se disperse vers la place de Paris et, sur les manèges, les gamins se précipitent sur les camions de pompiers et les voitures de police. Les soldats sont repartis en bus. Du moins ceux qui n’étaient pas affectés à la fête populaire organisée par l’armée. Boissons et Ierbsebulli sont gratuits. L’occasion de se désaltérer et de prendre la température auprès du public. «Je suis luxembourgeois. C’est dans mon ADN de montrer mon respect à mon souverain et, à travers lui, à ceux qui l’ont précédé», explique Nicolas.

Christian, un habitué tout à sa soupe, «trouve le défilé froid et sans saveur cette année». «Cela manquait de ferveur populaire. J’ai eu l’impression d’assister à une animation touristique. Il n’a pas plu sur la parade, mais si cela avait été le cas, le public aurait eu une excuse», estime-t-il, un peu à raison. «D’ailleurs, le Grand-Duc n’a pas salué les citoyens en se retirant.» Les temps changent. La population aussi.

Les forces civiles, comme les pompiers, restent les chouchoutes du public toutes nationalités confondues. Photo : hervé montaigu

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