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Coulée de boue au Tibet : les secours entravés par la menace d’un nouveau débordement


Le phénomène a fait côté chinois trois morts et 558 disparus, dont 260 étrangers, selon le dernier bilan provisoire, appelé à évoluer. (Photo : afp)

Une retenue d’eau en surplomb menace de déborder au Tibet, forçant la Chine à suspendre vendredi les opérations de recherche suite à la coulée de boue de mercredi. Le bilan monte à au moins 469 morts au Népal et trois morts avec 558 disparus côté chinois, dont 260 étrangers.

Les secours chinois ont suspendu vendredi les opérations de recherche et d’évacuation de locaux et de touristes au cœur de la zone dévastée par une coulée de boue au Tibet à cause du débordement d’une vaste retenue d’eau en surplomb représentant une nouvelle menace.

La direction chinoise a souligné les dangers planant sur ces opérations lors d’une réunion conduite par le président Xi Jinping. «La zone est parsemée de glaciers, de lacs glaciaires et de risques géologiques majeurs, ce qui rend les opérations de secours extrêmement difficiles», ont dit les dirigeants cités collectivement par l’agence Chine Nouvelle.

La police du Népal, pays sévèrement touché en aval par la crue de mercredi, a lancé une alerte après avoir été informée selon elle de la rupture d’un lac sur le versant tibétain, donc côté chinois. Les informations en provenance de Chine disent que la retenue a commencé à déborder, mais pas qu’elle avait lâché, ce qui pourrait occasionner un nouveau sinistre grave selon les mises en garde officielles chinoises.

Le poste de commandement avancé a adressé vendredi matin une note d’urgence à l’ensemble des équipes, alertant sur le fait que l’eau avait commencé à déborder et à s’écouler de la retenue en direction de Gyirong, à la frontière avec le Népal et au cœur du désastre côté chinois, a indiqué un journaliste de la télévision publique CCTV sur place. «Toutes les équipes de secours ont donc reçu l’ordre de ne pas bouger et d’attendre de nouvelles instructions», a-t-il dit.

Des vidéos aériennes publiées par les médias d’État montrent une large étendue d’eau sombre contenue en altitude par les traînées de boue, les éboulis et les parois himalayennes.

La retenue s’est formée à la suite de la coulée qui a ravagé le secteur mercredi avant de semer la dévastation de l’autre côté de la frontière, au Népal. Des vidéos montrent une gigantesque vague d’eau, de boue et de débris submergeant le poste-frontière de Gyirong et emportant tout sur son passage avant de déferler vers le Népal.

Le phénomène, causé selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) par l’effondrement d’une partie d’un glacier en altitude, a causé la mort d’au moins 469 personnes côté népalais, selon un nouveau bilan provisoire publié vendredi sur X par la police népalaise. Il a fait côté chinois trois morts et 558 disparus, dont 260 étrangers, selon le dernier bilan provisoire, appelé à évoluer.

Sauver Chinois et étrangers 

La retenue d’eau contenait jeudi deux millions de mètres cubes d’eau et était déjà en excédent, dit CCTV. Or, elle pourrait en recevoir trois millions de plus dans les trois prochains jours, selon CCTV. La courbe des relevés hydrographiques devrait être à son plus haut le 1er septembre.

Le ministère des Ressources en eau a donné pour instruction aux autorités locales de surveiller de près la masse d’eau et les précipitations, dit Chine Nouvelle. La réunion des dirigeants chinois a réaffirmé, à la suite du président Xi mercredi, la nécessité de «mobiliser tous les moyens disponibles pour retrouver et sauver les personnes disparues, qu’elles soient chinoises ou étrangères», selon Chine nouvelle.

Près de 700 pompiers, soutenus par des drones et des chiens de recherche, ont été déployés autour de Gyirong. Depuis mercredi, 499 habitants et 555 touristes ont été mis à l’abri, a indiqué CCTV. L’accès à la zone encaissée demeure compliqué, le réseau routier étant largement impraticable.

D’importantes quantités d’orge, de riz, de farine, d’huile de cuisson, d’eau potable, de nouilles instantanées, de tentes, de lits de camp, de couvertures, de réchauds et de générateurs ont été acheminées sur place, a rapporté CCTV.

La région autonome du Tibet est quasiment inaccessible pour les journalistes de médias étrangers. Ils ne peuvent généralement s’y rendre qu’à l’occasion de voyages de presse organisés par les autorités. Les touristes étrangers peuvent se rendre au Tibet, mais ils doivent demander au préalable un permis spécifique et leurs déplacements sont strictement encadrés.

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