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Agression au couteau à la Kinnékswiss en juin 2021 : quatre jeunes face aux juges


Les faits se sont produits près de la pergola, à proximité du bâtiment de la Croix-Rouge dans le parc municipal. (Photo : archives lq/fabrizio pizzolante)

Alors qu’il essayait de mettre un terme à l’agression de Léo, Douglas a été blessé au couteau et roué de coups par quatre jeunes. Des blessures qui auraient pu lui être fatales.

Le 1er juin 2021, vers 19 h, Douglas et Léo ont été passés à tabac par quatre jeunes à la Kinnékswiss à Luxembourg. Douglas est même poignardé. Pour une cigarette. Les quatre jeunes sont, entre autres, accusés de tentative d’homicide. La victime présumée est, quant à elle, suspectée de coups et blessures volontaires contre ses agresseurs. Ils comparaissaient tous hier face à la 13e chambre criminelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg, à l’exception de Gradi, sous le coup d’un mandat de dépôt.

Une quarantaine de policiers sont intervenus ce soir-là pour maîtriser la situation. Neuf personnes ont été embarquées au poste de police et entendues, explique l’enquêteur de la police judiciaire qui a récapitulé les faits. La situation aurait dégénéré après que Gradi eut demandé une cigarette à Léo et C., qui étaient installés dans le parc municipal. Kevin s’en serait ensuite mêlé, de même que Naomi et Lisa, les petites amies des deux jeunes hommes. Douglas serait intervenu pour tempérer la situation et secourir Léo.

« Il me manque un bout de lèvre »

«C. venait de passer son dernier examen du bac. On avait acheté des bières pour fêter cela», témoigne Léo. «Un jeune homme torse nu a exigé à plusieurs reprises que nous lui donnions une cigarette. Nous avons refusé. Il insistait et s’approchait de plus en plus de nous. J’ai reçu un coup de poing et je suis tombé.» Le jeune homme reprend connaissance tandis que les quatre jeunes le tabassent. Naomi lui aurait donné au moins un coup de pied à la tête. Léo se relève en sang. «Les coups étaient ininterrompus. Il me manque un bout de lèvre», précise-t-il.

Après lui, les deux couples s’en prennent à Douglas, 40 ans, selon un témoin. «J’ai entendu des bruits de coups. Je me suis approché et j’ai vu un homme blanc à terre et un homme noir qui le frappait. Un autre homme blanc aux cheveux longs avait la bouche en sang», rapporte le témoin. «L’homme à terre s’est relevé et a reculé. J’ai vu que l’autre homme avait un couteau.» Il mime un mouvement du bras de haut en bas, clairement reconnaissable. «Il faisait ce geste, mais je ne l’ai pas vu frapper.»

Des coups dangereux

Le témoin dit avoir crié et annoncé qu’il allait prévenir la police pour tenter de mettre un terme à la situation. Il n’a pas été entendu dans un premier temps «tellement ils criaient», puis «ils ont essayé de me dissuader d’appeler la police». Le témoin a également évoqué des menaces de mort, le couteau balancé dans la végétation et Naomi en pleine crise de panique parce qu’elle avait été blessée à la main.

«Arrivés sur les lieux, nous avons trouvé deux groupes : trois hommes blancs calmes d’un côté et deux couples de type africain, de l’autre, qui étaient très remontés», décrit l’enquêteur. Les quatre agresseurs présumés avaient entre 18 et 22 ans au moment des faits. Le tribunal va devoir déterminer le rôle de chacun d’entre eux dans ces deux agressions qui auraient pu se solder de manière bien plus tragique.

Des conséquences qui auraient pu être bien plus graves

Un expert en médecine légale a affirmé que si «concrètement les blessures n’étaient finalement pas mortelles, elles auraient très bien pu l’être». Les coups de pied à la tête, dans le bas du dos ou dans la cage thoracique n’ont occasionné que des blessures de légère ou moyenne gravité, selon le légiste. De même que l’entaille au couteau de 4,5 centimètres dans le haut du bras de Douglas. Une blessure défensive, causée par des coups de couteau dirigés vers la poitrine de la victime présumée.

Reste cependant, indique le médecin, que cette attaque aurait pu «de manière abstraite» avoir des conséquences bien plus graves. Les coups portés auraient pu occasionner des blessures fatales aux organes internes, comme aux reins, aux poumons et au cerveau, entre autres.

Le procès doit durer trois jours. Douglas sera entendu cet après-midi, de même que trois des quatre agresseurs. La victime présumée livrera davantage de détails sur les circonstances de son agression.

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