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Dolly Parton, reine absolue de la country, est morte


La chanteuse américaine Dolly Parton, ici lors de son concert à Austin en 2022. (Photo : afp)

L’autrice-interprète américaine, actrice, femme d’affaires et philanthrope Dolly Parton, décédée mardi à 80 ans, était une légende absolue de la musique country, qui avait commencé dès 10 ans à écrire des chansons sur la douleur et les peines de cœur.

De sa plume ont émergé quelque 3 000 titres, dont des classiques comme Jolene (1973) et I Will Always Love You (1974), une chanson reprise avec succès par Whitney Houston en 1992.

Au cours de ses 60 ans de carrière, la «reine de la country» aura sorti des dizaines d’albums, écoulé plus de 100 millions de disques et placé ses chansons en haut du palmarès country plus souvent qu’aucune autre chanteuse.

Elle a même été couronnée dans la catégorie pop, avec une chanson comme Islands in the Stream, et a joué dans des blockbusters hollywoodiens comme Comment se débarrasser de son patron (1980), dont elle a aussi participé à l’enregistrement de la bande-son, et Potins de femmes (1989).

Dolly Parton a largement contribué à définir la façon dont une femme peut contrôler son image dans une industrie principalement masculine, devenant un monument de la musique aux États-Unis dont les chansons ont été reprises à l’infini.

Sa silhouette, ses coupes de cheveux et ses tenues ont contribué à forger sa légende.

Et elle a lutté contre le sexisme à sa manière : sans violence, en capitalisant sur son côté chaleureux et son sens des affaires pour amasser l’une des plus grosses fortunes de la scène musicale américaine.

«J’adore le maquillage, j’adore les habits et ça convient à ma personnalité», disait-elle à la radio NPR en 2001.

Murmure blessé

Dolly Rebecca Parton naît le 19 janvier 1946 dans une cabane dans le comté de Sevier au fin fond du Tennessee, quatrième d’une fratrie pauvre de douze enfants.

Elle se forme vite à la musique, chantant d’abord aux poules à l’extérieur de la bicoque familiale dans les montagnes des Appalaches puis, dès 13 ans, sur la scène mythique du Grand Ole Opry, à Nashville, dont l’émission de radio country est diffusée dans tout le pays.

Excellente guitariste, c’est sa tessiture de soprano, dont le vibrato s’éteint parfois en murmure blessé, qui a conquis les critiques.

Le bac en poche, elle s’installe à Nashville, la capitale de la country et rejoint vite l’émission musicale de Porter Wagoner, qui permet à ses chansons de résonner dans des millions de foyers américains et fait d’elle, à 21 ans, l’une des figures les plus populaires de la scène musicale américaine.

Elle sort en 1971 Coat of many colors (Le manteau multicolore), une chanson simple, aux thèmes bibliques, abordant la façon dont sa mère a surmonté la pauvreté.

Mais c’est sa ballade I Will Always Love You, hommage délicat à son ancien partenaire sur scène Porter Wagoner, composée après leur éloignement professionnel en 1973, qui a connu un succès international.

Sa reprise par Whitney Houston pour la bande-son de Bodyguard en 1992 devient l’un des singles les plus vendus de tous les temps.

Mérite

La chanteuse ouvre son propre parc d’attractions en 1986 («Dollywood»), près de là où elle a grandi. Avec plusieurs millions de visiteurs par an, l’endroit devient un succès commercial.

Entrepreneuse accomplie, elle lance maison d’édition, station de radio, restaurants… et un parfum, «Dolly», à 75 ans.

Pour lutter contre l’illettrisme, elle fait don de quelque 100 millions de livres à des enfants dans le besoin du monde entier.

Et elle donne un million de dollars en 2020 à l’université Vanderbilt, dans son Tennessee natal, qui a aidé au développement du vaccin anti-Covid-19 de Moderna.

Elle n’a pas eu d’enfants, expliquant lors d’une interview que ses chansons «la soutiendr(ont) quand (elle sera) vieille».

En 2021, elle révèle avoir décliné la Médaille présidentielle de la liberté offerte par Donald Trump, la plus grande distinction civile aux États-Unis, expliquant ne pas vouloir se rendre à Washington pendant la pandémie de Covid-19.

«Je ne suis même pas sûre que je la mérite», dit-elle à NBC. «Mais c’est un chouette compliment pour ceux qui pensent que je la mérite peut-être.»

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