Noël Godin, comique belge et célèbre «entarteur» de personnalités, de Bill Gates à Marguerite Duras, est décédé dimanche à l’âge de 80 ans.
«Entartons les pompeux cornichons!» avait coutume de dire Noël Godin, alias Georges Le Gloupier. Il s’était ainsi fait une spécialité du jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses, inscrivant par exemple à son tableau de chasse l’essayiste Bernard-Henri Levy. «À vrai dire quand il ne sera plus là, je serai désemparé», avait-il confié en 2021.
Noël Godin disait alors avoir «entarté» huit fois l’intellectuel français, sans compter les actes des assaillants qui l’ont imité à travers le monde. En 1997, il chargera des complices d’«entarter» le futur président français Nicolas Sarkozy, restant lui-même en retrait de peur d’être reconnu. Né à Liège le 13 septembre 1945, Noël Godin, humoriste et journaliste de cinéma va découvrir sa vocation grâce à l’écrivaine Marguerite Duras, sa première personnalité «entartée».
L’implication de la romancière française est d’abord née dans l’imagination de Godin, qui s’amuse à répandre des «faux» dans une revue belge de cinéma. Dans ce magazine, il raconte un jour que Georges Le Gloupier – son double fictif – a «entarté» le cinéaste Robert Bresson. Dans un autre numéro, Marguerite Duras annonce sa décision de venger ce dernier en s’attaquant à Le Gloupier. Elle le surprend sur la terrasse du café Flore à Paris et l’«entarte» à son tour.
Le ton est donné. Et Noël Godin saisit l’occasion d’une visite de Duras en Belgique pour «passer du faux au réel». Une tarte à la crème s’écrase sur elle le 11 novembre 1969. D’autres «pompeux cornichons» seront victimes de ses attentats patissiers, dont le milliardaire américain Bill Gates en 1998.