Sport tendance aux États-Unis, cette version allégée du tennis est aussi taillée pour la comédie. C’est le réalisateur Josh Greenbaum qui le dit.
Quand le cinéaste Josh Greenbaum s’est aventuré pour la première fois sur un terrain de pickleball, il a compris que c’était un passe-temps accessible mais féroce, capable de susciter rapidement des émotions.
En essence, ce sport contenait les ingrédients parfaits pour une comédie, selon le réalisateur américain. Assez, en tout cas, pour s’en inspirer et tourner Les Fous du pickleball (The Dink en anglais), un film qui sort ce vendredi en streaming sur Apple TV.
«Ce qui est drôle, c’est à quelle vitesse quelque chose qui commence de manière décontractée et amusante peut devenir profondément compétitif et étrangement émotionnel», confie le réalisateur âgé de 47 ans.
Le long métrage suit Dusty (Jake Johnson), un ancien espoir du tennis qui passe désormais son temps à ressasser ses gloires passées, au grand dam de son père (Ed Harris), et Candace (Mary Steenburgen), une divorcée qui se prend de passion pour le pickleball.
Le film, dans lequel joue l’ancien tennisman Andy Roddick, «parle de se réinventer, de l’ego et de l’amitié, et de tenter de trouver un sens à sa vie», explique Josh Greenbaum. «Vous avez ces deux âmes perdues manifestement de générations différentes, qui essaient de découvrir qui elles sont et de se redéfinir, et qui s’aident mutuellement à y parvenir», résume-t-il.
Une «gageure» pour trouver un court
Mais cette fiction écrite par Sean Clements et produite par Ben Stiller, traite aussi le conflit générationnel. «Le tennis représente la manière dont on faisait les choses avant, et le pickleball représente une nouvelle façon de faire», estime le réalisateur.
Le pickleball, qui fait jouer ses pratiquants avec de petites raquettes et une balle perforée, a connu un succès fulgurant ces dernières années aux États-Unis. Au point que trouver un court amateur disponible relève souvent de la gageure. Pour Josh Greenbaum, cette relation «particulière» entre le tennis et le pickleball constituait un terreau idéal.
«Il existe une certaine tension entre les deux sports en ce moment, et je pense qu’elle est en grande partie alimentée par la lutte pour des ressources limitées», juge le réalisateur, qui confie s’être fait pulvérisé par des adversaires sexagénaires lors de son premier match.
Mary Steenburgen, l’actrice de 73 ans qui incarne Candace, s’est également prise au jeu. Le pickleball «est un sport qui vous fait rire, grâce auquel vous vous faites des amis, qui vous permet de partager quelque chose avec les autres, et dans lequel vous pouvez continuer à vous améliorer, même à mon âge!», a-t-elle confié lors de l’avant-première du film à Los Angeles.
La production avait pour l’occasion déroulé un tapis bleu, et non rouge, pour recréer l’ambiance d’un court de pickleball. Josh Greenbaum et ses interprètes pensent que le film attirera de nouveaux adeptes sur les terrains. Mais Jake Johnson, dont le personnage trouve dans ce sport une seconde chance, espère surtout que le film inspirera les spectateurs à «faire ce qui les rend heureux, peu importe quoi».
Les Fous du pickleball, de Josh Greenbaum.
Apple TV.