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[Mondial-2026] Buenos Aires à la fête dans la défaite


Messi en larmes devant son public, qui l'attendra fièrement au pays. (Photo : afp)

[MONDIAL-2026] Malgré une défaite amère mais méritée, les Argentins ne s’y trompent pas, et fêteront le retour de leur délégation comme il se doit.

«Merci quand même! Merci pour tout!» Longtemps crispés, finalement abattus par la domination espagnole, les fans argentins avaient surtout la reconnaissance au cœur pour un capitaine – Messi – et une génération d’exception. Qu’ils s’apprêtent à fêter par milliers ce lundi à leur retour.

Dans les bars, les fan zones de Buenos Aires, aux esquinas (coins de rue)…  le joyeux vacarme, les chants incessants pendant la finale ont fait place à deux silences hébétés, assourdissants : pour le but espagnol en prolongation, puis le coup de sifflet final.

«Vamos Argentina!» «Gracias igual!» «Gracias Seleccion!» : des cris de fierté ont pourtant fusé peu après la fin et se sont poursuivis pour les milliers de supporters réunis autour de l’Obélisque au cœur de la capitale, lieu de rassemblement traditionnel.

«En réalité, je ressens de la gratitude pour cette sélection qui a tout donné jusqu’à la dernière minute», avouait les yeux humides Marco Moya, coursier de 37 ans, qui avait suivi le match avec sa famille dans la rue, sur l’écran d’un restaurant.

Quelques insultes fusaient, un peu de colère «parce qu’on n’a pas bien joué aujourd’hui», grognait Pedro Montagna, fonctionnaire de 35 ans. Mais tout se dissipait à chaque apparition à l’écran du visage vaincu de Messi, ovationné.

Il y a eu Diego et «Leo»

«Il a marqué une génération. Il y a eu Diego, ensuite lui, et j’espère qu’un autre viendra. Je suis triste parce que c’était un final parfait pour lui», a-t-il estimé. Dans les avenues du centre, des pétards, des cornes de brume, des klaxons et grosses caisses résonnaient. À s’y méprendre, la bande sonore d’une victoire. Même dans la défaite, la nuit promettait d’être longue.

«On est arrivés en finale, et ce n’est pas rien! L’Argentine a de nouveau montré qu’elle était parmi les meilleurs», souriait Luciano Ortega, un étudiant de 20 ans au visage peinturluré de ciel et blanc. Et puis, «beaucoup de gens étaient déjà contents d’avoir battu l’Angleterre», l’ennemi juré, en demi-finale.

Plus encore qu’en un mois de folie mondialiste, de pays au ralenti, Buenos Aires s’était parée ces jours-ci de ciel et blanc, avec des photos de joueurs et drapeaux omniprésents aux vitrines, aux façades, balcons, sur les voitures, jusqu’aux deux-roues de livraison.

Dans un pays aux innombrables fresques murales du «Dieu» Maradona – mais de plus en plus de Messi aussi –, maintes villes et quartiers étaient allés de leur initiative, pour crier, de loin, son soutien à «la Seleccion».

À Rosario, ville natale de Messi située à 300 kilomètres au nord-ouest de Buenos Aires, des centaines de personnes se sont réunies, là aussi, pour remercier la sélection d’avoir atteint la finale. «Une coupe, on l’a déjà gagnée, on ne va pas se mettre à pleurer, il faut faire la fête… et Messi nous a déjà placés là-haut sur le toit du monde», a déclaré Sergio Irrazábal, venu avec sa famille. Dans les airs flotte au bout d’une grue un maillot géant de 22 mètres floqué du n° 10 avec les mots : «Merci « Leo », tu es une légende».

«Merci beaucoup aux joueurs…!!! Jusqu’au bout, les bottes aux pieds. L’Argentine toujours au sommet», a commenté le président Javier Milei sur X à la fin du match. Il a annoncé que le jour choisi par les joueurs et le staff pour honorer leur titre de vice-champions sera déclaré férié. Le vol de la sélection argentine était attendu à Buenos Aires lundi à 17 h locales (22 h au Luxembourg), selon un porte-parole de la présidence.

Foule garantie au retour

Milei, qui par superstition avait décidé de ne pas assister en personne à la finale, et soucieux d’éviter une accusation de récupération, a indiqué cette semaine que si la fédération le souhaite, le palais présidentiel de la Casa Rosada serait à disposition «inoccupé», c’est-à-dire sans lui, pour un éventuel salut de l’Albiceleste au balcon surplombant la Plaza de Mayo.

En 2022, les champions du monde avait eu droit à un accueil hors normes, sans précédent de mémoire d’Argentin, avec 4 à 5 millions de personnes massées sur le trajet prévu du bus à impériale. Après une poignée de kilomètres en quatre heures, la parade s’était terminée en hélicoptère survolant la multitude au centre-ville. Beaucoup, des centaines de milliers, peut-être plus, s’apprêtent à célébrer à nouveau la sélection, et surtout Messi.

«Bien sûr je vais y aller, je serai là, à les attendre, pour les remercier de tous ces moments», assurait Marco Moya, en repensant à l’incroyable série depuis 2021 : deux Copa América, un titre mondial et une finale. »J’ai 37 ans et franchement je ne sais pas si je pourrai revivre tout ça un jour.»

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