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CELL dévoile le scénario d’une transition énergétique ambitieuse


Les deux experts en transition énergétique ont présenté un scénario dont les résultats dépassent ceux du Plan national du gouvernement. (Photo : fabrizio pizzolante)

L’association CELL a présenté mercredi un scénario de transition énergétique pour 2050. Basé sur un modèle européen, ce plan aux projections ambitieuses vise à répondre à la crise aussi bien climatique qu’énergétique.

Quel lien entre la canicule qui a touché le pays il y a deux semaines et la hausse du coût de l’énergie au cœur d’une tripartite au début du mois de juin dernier? Les souffrances ou les difficultés économiques engendrées, certes, mais surtout une solution commune : la transition énergétique. C’est du moins ce que croit l’ASBL CELL, qui présente ce mercredi un scénario de transition à l’horizon 2050 contre les crises climatique et énergétique, «deux crises interconnectées qui risquent de s’inscrire durablement dans le paysage du pays», assure Léonard Andersen, coordinateur de l’association.

Afin de répondre aux enjeux écologiques et de sécurité énergétique nationaux, CELL dévoile une feuille de route «qui n’est pas partie de rien, puisque nous avons pris la méthodologie du scénario CLEVER». Ce dernier est le fruit de l’association française NégaWatt, dont le porte-parole Yves Marignac participe à cette présentation d’un scénario taillé pour le Grand-Duché.

«Notre idée avec CLEVER n’était pas de faire une trajectoire européenne à calquer dans les différents pays mais de travailler à partir de trajectoires nationales qui font sens», explique le conseiller stratégique français, qui salue d’ailleurs l’investissement de CELL comme «l’un de nos partenaires les plus investis».

 

Neutralité carbone pour 2045

D’ici 2050, le scénario présenté pour le Luxembourg vise trois objectifs : la neutralité carbone dès 2045, la réduction de 55 % de l’énergie finale consommée et 100 % d’énergie renouvelable. De quoi surpasser ceux du Plan national d’énergie climat (PNEC), présenté en octobre 2024, qui n’atteint pas la neutralité carbone et qui ne prend pas en compte les émissions liées aux importations, soit deux tiers de l’empreinte luxembourgeoise réelle selon CELL.

Afin de se donner les moyens de son ambition, l’approche CLEVER se base sur trois mots d’ordre : sobriété, efficacité, renouvelable. Au sein de ce triptyque, Léonard Andersen souligne que la sobriété est certainement le terme le moins évident à employer lors des discussions : «C’est un mot qui est difficile, qui n’est pas forcément bien compris et avec une question linguistique un peu compliquée».

«On renvoie toujours, à tort, la sobriété à la décroissance», ajoute Yves Marignac, qui rappelle notamment la phrase polémique d’Emmanuel Macron qui avait évoqué le «modèle amish» pour aborder la transition écologique. «La sobriété se focalise sur les pertes liées à l’usage et la déperdition énergétique derrière, ce n’est pas dans le sens de restriction mais celui d’intelligence dans l’usage d’une ressource mal utilisée. C’est par exemple le cas d’un lampadaire qui éclaire bien le sol mais mal le trottoir.»

 

La sobriété, «salut de l’Europe»

Pour le Grand-Duché, CELL a développé trois scénarios selon divers degrés d’ambition (bas, moyen et haut) qui dépendent des limites et défis proprement luxembourgeois, tels que le tourisme à la pompe, l’essor de l’aviation et la mauvaise santé des forêts. Toujours est-il que l’approche CLEVER obtiendrait de meilleurs résultats que le PNEC, quel que soit le niveau d’ambition. En matière de consommation énergétique finale, le plan du gouvernement vise une baisse de 43 %, contre 58 à 69 % selon les scénarios de l’ASBL. Et concernant les émissions de CO2, le PNEC estime une réduction de 84 %, contre 86 à 97 %.

Afin d’y parvenir, la liste des leviers est longue : rénovation des bâtiments, pompe à chaleur, mutualisation de l’énergie, électrification du parc automobile, hydrogène, biomasse, consommation de viande, télétravail ou encore mobilité. Malgré les efforts à fournir afin de changer d’approche, Léonard Andersen se montre confiant concernant l’engagement de la société luxembourgeoise : «La sobriété n’est pas un vœu pieux de personnes convaincues, nous avons réalisé un sondage où 79% des résidents approuvaient la nécessité d’une réduction des consommations d’énergie et de ressources.»

Le coordinateur de l’ASBL se réjouit donc d’«une base solide, si tant est que ce cadre soit cohérent et que l’effort soit partagé». Les acteurs interrogés se disent en effet prêts à faire des efforts, «sauf si là-haut, entre les politiques et les classes aisées, ils ne le font pas». Yves Marignac conclut, lui, en assurant qu’«entre les États-Unis qui veulent maintenir notre dépendance aux hydrocarbures et la Chine qui pousse vers une dépendance à ses leviers d’électrification, l’Europe ne trouvera son salut qu’en étant leader sur l’économie sobre et circulaire».

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