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«Esclavage moderne» : l’OGBL dénonce le modèle Wolt


Selon David Angel de l'OGBL, les plateformes de livraison sont en plein «Far West : il y a un marché à conquérir et aucune règle.» (Photo : didier sylvestre)

Des raisons de la colère des livreurs aux tensions entre syndicats et plateformes de livraison, des indépendants sous pression aux réfugiés employés par les sous-traitants, décryptage de l'envers du décor des repas livrés à domicile.

David Angel, responsable syndical de l’OGBL, ne mâche pas ses mots : «c’est de l’exploitation à outrance». Pour lui, on est sur «le même modèle qu'il y a 100 ans à la mine ou au port. On profite de la faiblesse sociale pour se faire de l'argent sur le dos des plus précaires». Il qualifie certaines situations vécues par les bénéficiaires de la protection internationale de «forme d'esclavage moderne». «La plupart ont le statut de réfugiés. Des migrants qui ont fui leur pays et veulent survivre avec leur famille». Survie, le mot est lancé.

Système d’exploitation

Deux sociétés de sous-traitance sont dans le viseur des syndicats. Selon plusieurs témoignages concordants, des rabatteurs viendraient recruter directement devant les foyers de réfugiés et donneraient accès au service en échange d'un pourcentage. Les demandeurs d'asile obtiendraient alors facilement une place dans la flotte : pas d'entretien d'embauche, pas de barrière de la langue. Pas de contrat de travail non plus. Lorsqu'ils ont voulu rejoindre le mouvement de grève des indépendants, «les gros bras sont venus les menacer directement dans la rue», rapporte le responsable syndical, citant les témoignages de livreurs. D'autres nous confient qu'on leur a promis de ne pas leur prendre de commission s'ils travaillaient ce jour-là.

Wolt affirme ne pas avoir connaissance d’éventuels manquements des sociétés de flottes au droit du travail. Contacté, Christian Kamhaug, à la tête du département communications et relations publiques chez Wolt Norvège, Islande et Luxembourg, l’affirme : «nous exigeons de nos partenaires qu’ils respectent la législation en vigueur, notamment les règles relatives au droit du travail, aux documents d’emploi et aux obligations en matière de sécurité sociale». Condamnant fermement la «sous-traitance illégale» et «toute pratique frauduleuse», il précise qu’«il n’y a pas de place pour l’exploitation sur notre plateforme». En revanche, Christian Kamhaug déclare «accueillir favorablement les demandeurs d’asile et les immigrés», expliquant que «ce type d’activité est essentiel pour leur permettre ...


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