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La der des ders

Les Français ont célébré mardi leur fête nationale. Elle avait une saveur particulière. Trente-six nations alliées ont été invitées à la grande célébration du défilé militaire en compagnie du président Volodymyr Zelensky. Ces pays, dont le Luxembourg, font partie de la coalition des volontaires qui se disent prêts à protéger l’Ukraine lorsque la fin des hostilités sera signée avec Moscou. Vu le comportement de Vladimir Poutine ces dernières semaines, cette signature risque d’être attendue très longtemps.

Les troupes ukrainiennes étaient aussi au rendez-vous et ont défilé sur les Champs-Élysées sous le regard de leur commandant en chef. Évidemment, la cérémonie a permis de voir bon nombre de véhicules militaires et de régiments venus célébrer ce rendez-vous avec le peuple. Mais, au-delà d’une démonstration de force, il s’agissait aussi de montrer son unité face à un ours russe qui s’est réveillé et des États-Unis qui semblent de plus en plus loin des problématiques européennes et de leurs alliés du Vieux Continent. Il fallait marquer le coup durant cette journée et ce fut fait. Mais il y avait aussi d’autres réflexions qui tournaient dans les esprits des participants.

Cette cérémonie du 14-Juillet a été la dernière du président Macron. L’année prochaine, à la même date, nous aurons une autre personne dans la tribune officielle. Et, pour l’instant, il y a de fortes chances que ce soit Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national. Elle et son parti ont été pris au piège par le déclenchement, par les Russes, de la guerre en Ukraine. La proximité avec Vladimir Poutine avant le conflit gêne aux entournures. Et continue de troubler. Que penser des fréquentes abstentions des députés lepénistes lorsqu’il fallait voter des textes soutenant l’Ukraine au Parlement européen? Quelle position sera celle de la France de Marine Le Pen vis-à-vis du pouvoir ukrainien, qui compte aujourd’hui beaucoup sur l’Europe pour se défendre? Tout cela semble bien flou. Évidemment, l’agression russe est condamnée par le RN. Mais quelle sera la place de l’aide à l’Ukraine et surtout quel avenir pour la coalition des volontaires si Marine Le Pen est à l’Élysée? Elle survivra sans doute sans la France, mais à quel prix pour l’image de Paris et des Français?

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