À la suite du récent épisode de canicule, plusieurs acteurs du secteur de la santé appellent à adapter durablement le système de soins face à la multiplication annoncée des vagues de chaleur.
En première ligne face aux épisodes de canicule, le secteur de la santé a dû, une nouvelle fois, absorber l’impact des fortes chaleurs sur les patients les plus fragiles, tout en assurant la continuité des soins.
Dans un communiqué publié jeudi, la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) remercie l’ensemble du personnel soignant, administratif, technique et médical pour son engagement durant la récente période de fortes chaleurs. Selon la fédération, cette mobilisation a permis d’assurer la continuité des soins et la prise en charge des patients les plus fragiles malgré des conditions de travail particulièrement exigeantes.
La FHL estime néanmoins que les vagues de chaleur mettent en évidence des défis appelés à durer. Elle cite notamment la gestion de l’afflux de patients, le maintien des chaînes du froid, le confort thermique des patients et des professionnels ainsi que la résilience des installations énergétiques et techniques.
L’organisation soutient l’annonce de la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale visant à élaborer un plan consacré aux épisodes caniculaires. Elle plaide pour des investissements dans les systèmes de climatisation et de ventilation, le renforcement des plans d’urgence, des financements dédiés aux travaux prioritaires ainsi qu’une meilleure coordination nationale entre établissements hospitaliers.
L’ANIL mise sur la prévention de proximité
L’Association nationale des infirmières et infirmiers du Luxembourg (ANIL) estime pour sa part que de nombreuses hospitalisations liées à la chaleur pourraient être évitées grâce à une intervention plus précoce auprès des personnes âgées et isolées. Selon l’association, les infirmières disposent des compétences nécessaires pour détecter rapidement les premiers signes de déshydratation ou de stress thermique, mais ne bénéficient pas aujourd’hui de l’ensemble des outils leur permettant d’agir en amont.
L’association propose notamment la création d’une fonction d’infirmier communal, chargé d’identifier les personnes à risque et d’assurer un suivi préventif à domicile. Elle évoque des missions telles que l’évaluation de l’état d’hydratation, le contrôle des conditions de vie pendant les fortes chaleurs, la coordination avec les médecins traitants et les pharmaciens ou encore l’accompagnement des proches. Selon l’ANIL, ce type d’organisation existe déjà dans plusieurs pays.
L’ANIL appelle également à faire évoluer le cadre législatif afin de renforcer l’autonomie des infirmières et infirmiers en matière de prévention. Elle cite notamment la possibilité de mettre en œuvre certaines mesures préventives auprès des personnes les plus à risque sans prescription médicale préalable et voit dans la révision annoncée de la loi sur les compétences infirmières une première occasion d’engager ces changements.
Au-delà de leurs propositions respectives, la FHL et l’ANIL partagent un même constat : avec la multiplication des épisodes de chaleur, le système de santé devra évoluer pour mieux anticiper les conséquences des canicules, au niveau tant des infrastructures hospitalières que de la prévention auprès de la population.
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