Au Luxembourg, dans le monde du travail, les atteintes psychiques sont de plus en plus déclarées, mais rarement reconnues.
Les déclarations d’agressions au travail ayant entraîné un préjudice psychique sont en hausse au Luxembourg, mais seule une minorité d’entre elles sont reconnues comme accident du travail par l’Association d’assurance accident (AAA). C’est ce qu’indique ce vendredi la réponse de la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, à une question parlementaire sur le sujet des députés Corinne Cahen et Gusty Graas.
En cinq ans, le nombre de déclarations est passé de 22 en 2021 à 48 en 2025. Après 35 dossiers en 2022, 36 en 2023 et 34 en 2024, la hausse est donc repartie l’an dernier.
Paradoxalement, les reconnaissances restent peu nombreuses. En 2025, seuls 7 dossiers ont été acceptés, contre 14 refusés. Treize ont été classés lorsque les assurés n’ont pas répondu aux demandes d’information de l’AAA et 14 étaient encore en cours d’instruction au moment de la réponse ministérielle. Idem les années précédentes avec seulement quatre à huit reconnaissances par an.
Pas de loi prévue
Comment expliquer une reconnaissance si faible? La ministre rappelle que, pour être reconnu, un accident du travail doit avoir provoqué une lésion. Celle-ci n’est toutefois pas forcément physique. «Une atteinte psychique est éligible (…) à condition qu’elle soit en lien direct avec un accident survenu pendant le travail», précise-t-elle.
Chaque dossier est examiné individuellement. «Une simple altercation verbale ne permet pas de présumer l’existence d’une atteinte psychique», poursuit Martine Deprez. En revanche, lorsqu’un salarié a été confronté à un événement «particulièrement éprouvant ou traumatisant», une lésion psychique peut être reconnue même en l’absence de blessure physique.
La ministre précise enfin que le gouvernement n’envisage pas de modifier le cadre légal actuel.
Pour rappel, les victimes d’agressions sur leur lieu de travail doivent se signaler auprès de leur service du personnel afin d’obtenir l’aide nécessaire et, si besoin, introduire une déclaration auprès de l’AAA.