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Secteur du nettoyage : les syndicats réclament des horaires en journée


Les syndicats estiment que le respect de la convention collective devrait constituer une condition préalable à l'obtention d'un marché public. (Photo archives editpress/fabrizio pizzolante)

Les syndicats européens se sont retrouvés à Paris pour parler des conditions de travail dans le secteur du nettoyage et chercher des solutions pour les améliorer.

Du 23 au 26 juin, des représentants syndicaux européens, dont l’OGBL et le LCGB, ont participé à la conférence UNI Europa Property Services, organisée à Paris.  Les travaux ont principalement porté sur l’impact des marchés publics dans le secteur du nettoyage. «Cette thématique revêt une importance particulière au Luxembourg, où de nombreux contrats de nettoyage, notamment dans les hôpitaux, les établissements scolaires, les communes et d’autres institutions publiques, sont attribués via des procédures de marchés publics.», affirment les deux syndicats luxembourgeois.

L’un des principaux sujets abordés a été le problème des marchés publics attribués sur la base du prix le plus bas. Dans de nombreux cas, les entreprises sont mises en concurrence presque exclusivement sur ce critère. Mais cette pratique a un effet néfaste sur les conditions de travail des salariés qui subissent des cadences plus élevées, ont moins de temps pour effectuer leur travail, des horaires morcelés et concilient plus difficilement vie professionnelle et privée. «Pour le mouvement syndical, la qualité d’une offre ne peut pas être évaluée uniquement sous l’angle économique, affirment l’OGBL et le LCGB. Les critères sociaux doivent devenir un élément obligatoire de l’attribution des marchés afin de promouvoir des emplois de qualité et de renforcer la négociation collective.»

Les deux syndicats estiment également que le respect de la convention collective devrait constituer une condition préalable à l’obtention d’un marché public. «Toute entreprise souhaitant bénéficier de fonds publics devrait démontrer qu’elle applique les salaires, les conditions de travail et les droits prévus par la convention du secteur.»

Une meilleure visibilité

Un autre thème central de la conférence a été celui des horaires de nettoyage. UNI Europa a ainsi réaffirmé sa position en faveur d’un passage généralisé au nettoyage en journée. Celui-ci contribue en effet à de meilleures conditions de travail, une meilleure visibilité du métier et à une conciliation vie privée – vie professionnelle plus équilibrée. «Concernant le Luxembourg, l’OGBL et le LCGB ont souligné la nécessité de disposer d’une vision plus précise de la situation actuelle. L’idée de réaliser un sondage auprès des délégués du secteur afin de connaître leur avis et de recueillir des données fiables sur le sujet a notamment été évoquée.» La récolte de ces éléments permettrait d’alimenter une position syndicale «solide et fondée sur la réalité du terrain.»

Enfin, lors d’une table ronde, Sonia Neves, secrétaire centrale de l’OGBL en charge du secteur du nettoyage, a insisté sur l’importance de la formation. Celle-ci constitue un levier essentiel pour développer les compétences, renforcer la professionnalisation et contribuer à une meilleure reconnaissance du métier.

«Les travailleurs et travailleuses du secteur du nettoyage sont déjà particulièrement vulnérables et font trop souvent face à des abus de la part de certains employeurs, rappellent l’OGBL et le LCGB. Leur travail est essentiel au fonctionnement quotidien de nombreux services publics et privés et mérite pleinement reconnaissance et respect.»

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