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Baromètre de l’économie : un 1er semestre «préoccupant» pour Carlo Thelen


«Notre Baromètre reflète un 1er semestre morose alors que 2026 a été annoncée comme l'année de la compétitivité», a signalé Carlo Thelen. (Photo : fabrizio pizzolante)

Avec un score global en recul de 2,4 points, le Baromètre de l’économie du 1er semestre 2026 n’est pas au beau fixe, analyse ce mardi la Chambre de commerce.

Les résultats du Baromètre de l’économie du 1er semestre 2026 confirment les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises luxembourgeoises ces derniers mois dans un contexte géopolitique hautement instable. Le climat des affaires affiche un net repli, avec un score global plafonnant à 49,4 sur 100 (après une remontée à 51,8 en 2025).

Menée au printemps dernier auprès de 621 entreprises luxembourgeoises de plus de six salariés, cette 15e édition reflète surtout le pessimisme ambiant, avec des secteurs beaucoup plus plombés que d’autres.

Globalement, si 73 % des entreprises du pays se montrent confiantes quant à leur propre avenir, elles sont à peine 58 % à penser la même chose de l’économie nationale. Un indicateur qui s’est érodé crise après crise et accuse désormais une perte de 30 points depuis 2019, son niveau le plus bas depuis la création de l’enquête.

Dans le sillage d’autres analyses économiques rendues publiques depuis janvier par le Statec, la Fedil ou la Chambre des métiers, ce nouveau Baromètre confirme que l’Horeca, l’industrie, le commerce et la construction sont les branches les plus en difficulté, à l’inverse du secteur financier, largement épargné.

Une activité en berne

Sous l’effet de la crise, le niveau d’activité des entreprises s’est fortement dégradé et ce, bien au-delà des pronostics : alors qu’au dernier Baromètre seuls 17 % des patrons anticipaient un recul de leur activité dans les six mois suivants, ils sont finalement près du double à avoir constaté une baisse lors de ce 1er semestre.

Avec des répercussions sur la rentabilité – 36 % des entreprises rapportent une baisse significative – comme sur l’emploi : «Les réductions d’effectifs ont été particulièrement marquées dans l’Horeca, un secteur où la moitié des professionnels ont vu la rentabilité chuter», note Christel Chatelain, directrice des affaires économiques de la Chambre de commerce. «Et pour les six prochains mois, c’est la construction qui pourrait être concernée avec 17 % des entreprises qui prévoient d’abaisser leur effectif.»

 Le modèle social fragilisé

«Le principal danger serait de ne rien faire», prévient Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce, «car jusqu’ici, on reste dans une certaine zone de confort, notamment avec un pouvoir d’achat qui a été renforcé pour la population».

«Cependant, l’économie nationale est sous pression, les entreprises ne sont plus aussi rentables et doivent composer avec des coûts qui augmentent et des marges de plus en plus réduites. Ce qui veut dire moins de possibilités pour investir et recruter. Or, ce sont là les leviers de la croissance de demain», pointe-t-il.

Le directeur alerte aussi sur le risque de dérapage potentiel de l’économie nationale basée sur les services. (Photo : fabrizio pizzolante)

Il déplore que, malgré les multiples annonces du gouvernement en matière de simplification administrative, les entreprises n’en perçoivent  pas les effets sur le terrain : seules 2 % d’entre elles disent avoir constaté une amélioration, quand plusieurs secteurs déclarent carrément n’avoir vu aucun changement.

«La politique doit d’urgence lancer des réformes sur ce plan, mais aussi au niveau du logement, un frein au recrutement ou encore de l’absentéisme abusif qui surcharge les équipes. Il faut agir plus rapidement sur ces chantiers pour relancer la croissance, la productivité et la compétitivité. Sans quoi, on ne sera plus en mesure de maintenir notre modèle social.»

Pour finir, Carlo Thelen alerte sur le risque d’un dérapage potentiel de l’économie : «Malgré l’ambiance tendue entre partenaires sociaux lors de la tripartite, nous avons atteint nos objectifs en parvenant à freiner l’inflation et à empêcher une deuxième indexation dans les douze mois. Pour l’instant, la situation s’avère meilleure qu’en Grèce, au Portugal ou en Italie, mais on pourrait glisser vers des réformes plus douloureuses. Avec une économie basée sur les services comme la nôtre, ça peut aller très vite.»

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