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Livreurs Wolt : vers la fin de la sous-traitance?


Le gouvernement n'a toujours pas déposé de projet de loi pour le travail de plateforme. (Photo : archives lq/hervé montaigu)

Le cas des plateformes de livraison est loin d’être résolu, mais il pourrait s’agir d’une première victoire pour les livreurs.

Depuis son apparition au printemps 2024 dans le paysage luxembourgeois, la firme finlandaise Wolt n’en finit plus de faire parler d’elle. Suspicion d’exploitation des livreurs et d’esclavage déguisé, sous-traitance déloyale, baisse de revenus des livreurs, la situation explosive avait mené les indépendants à entamer une grève à la mi-juin, que les salariés sous-traitants avaient voulu suivre sans succès.

Or, selon nos confrères du Luxembourg Times ce lundi, la plateforme de livraison prévoirait de mettre progressivement fin à l’utilisation de ses sous-traitants au Grand-Duché en réponse aux critiques récurrentes, alors que l’Inspection du travail et des mines (ITM) a confirmé mener des contrôles dans le secteur sans préciser les entreprises concernées ni les résultats détaillés.

Cette décision intervient dans un contexte de pression accrue sur les conditions de travail des livreurs et sur les modèles d’organisation basés sur des intermédiaires, tandis que les autorités luxembourgeoises s’intéressent de plus près aux pratiques des plateformes de livraison, notamment en matière de statut des travailleurs et de sécurité sociale, sur fond de transposition de la directive européenne sur le travail de plateforme.

David contre Goliath

La réaction de la Gauche ne s’est pas fait attendre : la nouvelle est qualifiée par déi Lénk de «première victoire pour les livreurs» et «d’un premier pas vers de meilleures conditions de travail.» Le communiqué rend hommage au «combat courageux contre un modèle qui rappelle les rapports de travail du XIXe siècle», et affirme que, grâce au «soutien des syndicats, de la société civile et des partis politiques (…), ils sont parvenus à faire plier le géant de la technologie Wolt».

Mais déi Lénk ne se contente pas de cette première étape : «seule la partie la plus problématique d’un système profondément défaillant disparaît», celle qui rendait «plus difficile l’établissement d’un lien de subordination direct entre le livreur et une plateforme comme Wolt». La Gauche entend se montrer solidaires avec les livreurs : elle est d’ailleurs à l’origine d’une proposition de loi visant à transposer la directive européenne de 2024 dans le droit luxembourgeois, déposée en février et saluée par la Chambre des salariés tandis que le LSAP appelle de ses vœux une action du gouvernement.

Toute la question reste de savoir si le Grand-Duché tiendra les délais imposés par l’Union européenne et soumettra à la Chambre des députés un projet de loi avant le 2 décembre 2026. Au vu du nombre de directives européennes arrivées à échéance (plus d’une vingtaine d’après le décompte de Xavier Bettel, ministre des Affaires étrangères et du
Commerce extérieur, le 24 juin dernier) auxquelles il faut ajouter celles à transposer d’ici la fin de l’année, rien n’est moins sûr. Et sans loi encadrant le travail de plateforme, les livreurs sont toujours assimilés à des indépendants et prennent en charge l’ensemble des cotisations sociales, sans bénéficier de droits collectifs ni de protection sociale adéquate.

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